331 – Les engagés levés par Jean Tuffet pour l’Acadie en 1636

À La Rochelle, en 1636, la levée d’engagés pour l’Acadie est l’affaire des recruteurs suivants : Recrutement - Le blogue de Guy Perron

  • Claude de Razilly et associés (Acadie et Nouvelle-France);
  • Jean Tuffet, agissant pour Pierre Desportes (Cap-Breton).

En février 1633, secrétaire de la Compagnie de la Nouvelle-France, Pierre Lamy cède l’île du Cap-Breton au parisien Pierre Desportes, l’un des associés de la Compagnie[1].

Le marchand rochelais Tuffet en est à sa première de quatre levées d’engagés (1636, 1637, 1638 et 1640).

CINQ NOUVEAUX ENGAGÉS
Lors de la transcription de son article dans la revue RHAF, Gabriel Debien a relevé deux engagés. Il faut ajouter Pierre Bonnifet, Jacques Bouildron, Jean Davanon, Jacques Payen et Jean Sauvaget.

L’enrôlement des cinq travailleurs s’effectue les 5 et 10 avril. Tous se rendent dans l’étude du notaire rochelais Pierre Teuleron, rue Chef-de-Ville, pour convenir de leurs conditions d’engagement avec Jean Tuffet, marchand de La Rochelle, ayant charge expresse de Pierre Desportes, écuyer, sieur de Lignières, propriétaire de l’île du Cap-Breton en Nouvelle-France.

Signature de Jean Tuffet. 1636
Signature de Jean Tuffet. 1636

Les deux premiers engagés sont le charpentier picard Jacques Payen et le tailleur de pierre poitevin Pierre Bonnifet dit Lafrise (5 avril). Ils sont suivis du boulanger rochelais Jacques Bouildron et du laboureur angoumois Jean Sauvaget (10 avril). Enfin, le bordelais Jean Davanon sieur de Saint-Germain s’engage dans une autre forme que les précédents.

Chaque engagé décline ses prénom, nom et surnom (2 engagés), son lieu de naissance et sa profession. Le notaire écrit le salaire annuel (entre 50 et 400 livres) et une avance est accordée (entre 28 et 200 livres). Quatre engagés apposent leur signature.

Les quatre premiers engagés promettent d’aller servir Pierre Desportes dans l’île du Cap-Breton, tant de leur métier qu’autres choses où ils seront trouvés utiles et nécessaires par le capitaine et gouverneur de l’île durant trois ans.

Dans leur contrat, les engagés Bonnifet et Payen reçoivent leur avance pour l’achat d’un habit et autres commodités. De plus, Tuffet leur donne deux chemises de toile de lin.

Il est spécifié que le surplus des sommes reçues sera payé à telle personne qu’ordonnera Bouildron et à Guillaume Benassis, maçon, de Marennes, gendre de Sauvaget.

Pour l’engagé Davanon, la formule d’obéissance au gouverneur de l’île, écrit Carpin[2], est remplacée par une promesse de « bien et fidèlement garder ladite place pour le service du roi et bien général de ladite Compagnie de la Nouvelle-France ».

L’engagement de Jean Davanon sieur de Saint-Germain est particulier, car il va au Cap-Breton pour commander à tous les habitants de l’île en qualité de capitaine et gouverneur. De plus, il

  • se chargera des magasins d’armes et vivres pour en faire la distribution nécessaires aux habitants, même des habits et autres commodités;
  • tiendra un compte séparé pour chaque habitant de ce qu’il aura reçu et qui sera déduit sur leurs salaires;
  • tiendra compte de toutes les troques de pelleteries qui se feront sur l’île;
  • ne pourra abandonner l’île sans avoir auparavant donné avis à Desportes pour pourvoir à son remplacement.

Outre ces conditions, Davanon promet de tenir bon et fidèle compte de tout ce qu’il va gérer et négocier en vertu de la commission qu’il a reçu de Pierre Desportes, le 22 février 1636. Ses appointements devront être remis entre les mains de Florent Parquier, marchand, bourgeois et maître chirurgien de Libourne, son beau-frère.

Voici le contrat d’engagement particulier entre Jean Tuffet (l’engagiste) et Jean Davanon (l’engagé) en 1636.

Conventions Tuffet – Davanon.
(graphie contemporaine)
Sachent tous que par-devant Pierre Teuleron, notaire &. Ont été présents et personnellement établis honorable homme Jean Tuffet, marchant et bourgeois de cette ville de La Rochelle, faisant et ayant charge expresse ainsi qu’il a déclaré de Pierre Desportes, écuyer, sieur de Lignières et de l’Île du Cap-Breton en la Nouvelle -France, d’une part. Et Jean Davanon sieur de Saint-Germain, natif de la ville de Libourne en Bordelais. Entre lesquelles parties a été convenu et accordé ce qui en suit. C’est à savoir que ledit sieur Davanon promet et sera tenu du premier jour et à mesure qu’il en sera requis par ledit sieur Tuffet de s’embarquer du premier beau temps dans le navire nommé Le Don de Dieu, de Chaillevette en Arvert, duquel est maître Jacques Vidault aux fins de passer en ladite île du Cap-Breton pour y étant commander à tous les habitants de ladite île en qualité de capitaine et gouverneur d’icelle. Et outre pour se charger des magasins d’armes et vivres pour en faire faire la distribution nécessaire auxdits habitants même des habits et autres commodités pour usage dont il tiendra compte séparé pour chacun d’iceux qui les recevront pour leur précompter sur leurs gages. Comme aussi de toutes les troques de pelleteries qui se feront en ladite île au profit dudit sieur Desportes sans souffrir ni consentir qu’il en soit diverti en aucune façon ou manière que ce soit. Et ce, pendant le temps et espace de trois années prochaines et consécutives qui commenceront aujourd’hui, date des présentes, pour finir à pareil jour icelles révolues, durant lesquels il sera nourri aux dépens dudit sieur Deportes. Et outre pour et moyennant la somme de quatre cents livres d’appointement par chacun an qui lui seront payées à la fin de chacun d’iceux en cette ville par les commis dudit sieur Desportes ou en celle de Paris par lui-même en mains du sieur Florent Parquier, bourgeois et marchant dudit Libourne. Auquel ledit sieur Davanon donne, par ces présentes, charge et pouvoir de les recevoir et en donner quittance sauf qu’il révoqua ci-après ledit pouvoir et le donna à autres. Sur laquelle somme néanmoins sera déduit ce que ledit sieur Davanon pourra prendre auxdits magasins pour son usage d’habits ou autres commodités par chacun an. Et outre ladite somme, reconnaît avoir reçu dudit sieur Tuffet la somme de deux cents livres tournois pour employer à divers usages et commodités pour ledit voyage qui ne lui seront point précomptées sur ses dits appointements. Moyennant quoi, il promet comme dessus de séjourner ledit temps de trois années en ladit île s’il n’était contraint de s’en retirer pour cause de maladies extraordinaires ou pour affaires qui lui fussent d’évitable importance et auxquelles il ne peut faire remédier par autres. Et néanmoins ne pourra abandonner ladite île sans en avoir auparavant donné avis audit sieur Desportes pour pourvoir d’un autre pour commander en sa place. Promettant au surplus ledit sieur Davanon de bien et fidèlement rendre ladite place pour le service du roi et bien général de ladite Compagnie de la Nouvelle -France et du particulier dudit sieur Desportes. Et de tenir bon et fidèle compte de tout ce qu’il gérera et négociera en vertu de la commission dudit sieur Desportes, laquelle lui a présentement été délivrée par ledit sieur Tuffet en parchemin signé dudit sieur Desportes et scellée de ses armes, en date du vingt-deuxième février dernier. Le contenu de laquelle commission il promet d’exécuter de point en point. Le tout ce que dessus à peine de tous dépens, dommages et à se faire et accomplir par lesdites parties, elles ont obligé l’une à l’autre savoir ledit sieur Tuffet les biens dudit sieur Desportes et ledit sieur Davanon tous ses biens meubles et immeubles présents et à venir quelconques. Et pour l’exécution des présentes, ledit sieur Davanon a élu son domicile irrévocable en cette ville en la maison du notaire royal soussigné pour y recevoir tous actes. Et ont renoncé &. Jugés &. Condamnés &. Fait à La Rochelle en la maison dudit sieur Tuffet après-midi, le dixième jour d’avril mille six cent trente-six. Présents honorable homme Louis Gaigneur, marchant et Jean Pinet, clerc, demeurant en icelle. Signatures
Extrait. Contrat d’engagement de Jean Davanon pour l’Acadie. 10 avril 1636.
(Source : AD17. Notaire Pierre Teuleron. 3E1286, fol. 27v, 28r)

Qui sont les engagés de Jean Tuffet de 1636?

Pierre Bonnifet dit Lafrise

Jacques Payen

Jacques Bouildron

Jean Sauvaget

Jean Davanon sieur de Saint-Germain

Tableau des engagés levés par Jean Tuffet pour l’Acadie en 1636.
(Source : Collection Guy Perron)
Origine des engagés levés par Jean Tuffet pour l’Acadie en 1636.
(Source : Collection Guy Perron)

Un engagé est originaires d’Aunis, un d’Angoumois, un de Guyenne, un de Picardie et un du Poitou.

Si l’engagé Davanon doit s’embarquer dans le navire Le Don de Dieu (90 tx), de Chaillevette, on présume que les quatre autres engagés de Jean Tuffet en font autant et quittent La Rochelle, mi-avril, à destination de l’Acadie.

Extrait. Partie orientale du Canada ou de la Nouvelle-France… 1689. Vincenzo Maria Coronelli, cartographe.
Légende : Fort Sainte-Anne (A), Cap-Breton.
(Source : BNF, département Cartes et plans, GE DD-2987 (8579). http://www.gallica.fr)

Que sont-ils devenus ?

BONNIFET dit Lafrise, Pierre
(     –     )
Natif de Saint-Maixent (Poitou), Pierre Bonnifet dit Lafrise s’engage à Jean Tuffet, le 5 avril 1636, pour aller travailler au Cap-Breton (Acadie) au service de Pierre Desportes, durant trois ans, à titre de tailleur de pierre, à raison de 75 livres par année (avance de 52 livres 16 sols pour payer un habit). Reçoit deux chemises de lin. Ne signe pas. Il s’embarque à bord du navire Le Don de Dieu (90 tx), de Chaillevette, et quitte La Rochelle, mi-avril, à destination de l’Acadie. Aucune trace de cet engagé par la suite.
Extrait. Engagement de Pierre Bonnifet dit Lafrise. 5 avril 1636.
(Source : AD17. Notaire Pierre Teuleron. 3E1286, fol. 24)
Note. Des recherches dans les registres paroissiaux de Saint-Maixent, entre 1597 et 1625, ont été vaines. (AD79 en ligne)

BOUILDRON, Jacques
(     –     )
Natif de La Rochelle (Aunis), Jacques Bouildron s’engage à Jean Tuffet, le 10 avril 1636, pour aller travailler au Cap-Breton (Acadie) au service de Pierre Desportes, durant trois ans, à titre de boulanger, à raison de 100 livres par année (avance de 32 livres). Il signe. Il s’embarque à bord du navire Le Don de Dieu (90 tx), de Chaillevette, et quitte La Rochelle, mi-avril, à destination de l’Acadie. Aucune trace de cet engagé par la suite.
Extrait. Engagement de Jacques Bouildron. 10 avril 1636.
(Source : AD17. Notaire Pierre Teuleron. 3E1286, fol. 26r)

DAVANON de Saint-Germain, Jean
(     –     )
Fils de […] Davanon et de Jeanne Seudre, Jean Davanon sieur de Saint-Germain est natif de Libourne (Guyenne). Le 22 février 1636, il reçoit commission de Pierre Desportes d’agir pour le service du roi, sous l’autorité de la Compagnie de la Nouvelle-France. Il s’engage à Jean Tuffet, le 10 avril suivant, pour aller commander les habitants du Cap-Breton (Acadie), durant trois ans, à titre de capitaine et gouverneur, à raison de 400 livres par année (avance de 200 livres). Il signe. Le 12 avril, il déclare avoir passé une procuration avec Tuffet, le 1er décembre 1635, de recevoir tout ce qui peut appartenir au marchand normand Isaac Presteau et de négocier plusieurs autres affaires. Le même jour, Davanon consent une procuration en faveur de son beau-frère, Florent Parquier, maître-chirurgien de Libourne, pour gérer et négocier toutes ses affaires, notamment de procéder à l’inventaire des biens de Jeanne Seudre, sa mère, lorsqu’elle décédera. Pour récompenser Parquier de ses bons et agréables services, et advenant son décès, Davanon lui demande de disposer de ses biens en faveur de Marie Davanon, son épouse, ou de ses enfants. Il s’embarque à bord du navire Le Don de Dieu (90 tx), de Chaillevette, et quitte La Rochelle, mi-avril, à destination de l’Acadie. L’année suivante, Tuffet lui fait expédier au fort Sainte-Anne 32 tonneaux ou environ de marchandises ainsi qu’un certain nombre d’hommes avec les victuailles nécessaires pour le voyage. Davanon prolonge son contrat de trois années, car en 1640, Denis Belletoire est engagé pour lui servir de lieutenant au fort Sainte-Anne.
Extrait. Engagement de Jean Davanon. 10 avril 1636.
(Source : AD17. Notaire Pierre Teuleron. 3E1286, fol. 27v, 28r)
Note. Les registres paroissiaux de Saint-Jean de Libourne, de 1608 à 1823, sont conservés aux archives municipales. Malheureusement, ils ne sont pas accessibles en ligne.

PAYEN, Jacques
(     –     )
Natif d’Amiens (Picardie), Jacques Payen s’engage à Jean Tuffet, le 5 avril 1636, pour aller travailler au Cap-Breton (Acadie) au service de Pierre Desportes, durant trois ans, à titre de charpentier, à raison de 75 livres par année (avance de 52 livres 7 sols pour payer un habit). Reçoit deux chemises de lin. Il signe. Il s’embarque à bord du navire Le Don de Dieu (90 tx), de Chaillevette, et quitte La Rochelle, mi-avril, à destination de l’Acadie. Aucune trace de cet engagé par la suite.
Extrait. Engagement de Jacques Payen. 5 avril 1636.
(Source : AD17. Notaire Pierre Teuleron. 3E1286, fol. 23v, 24r)
Note. Des recherches dans les registres paroissiaux d’Amiens, entre 1570 et 1625, ont été vaines. (AD80 en ligne)

SAUVAGET, Jean
(     -c1663)
Originaire de Segonzac (Angoumois), Jean Sauvaget est marié à Anne Dupuys lorsqu’il s’engage à Jean Tuffet, le 10 avril 1636, pour aller travailler au service de Pierre Desportes au Cap-Breton, pendant trois ans, à titre de laboureur, à raison de 50 livres par année (avance de 28 livres). Il signe. Il quitte La Rochelle à destination de l’Acadie dans des circonstances inconnues. Il revient en France, à l’automne 1640, après 4 ½ années de services. Il s’engage de nouveau envers Antoine Cheffault de la Renardière, le 6 avril 1642, pour aller travailler au service de la Compagnie de la Nouvelle-France, pendant trois ans, à labourer la terre et couper des bois, à raison de 75 livres par année (avance de 45 livres). Il s’embarque à bord du navire L’Espérance (90 tx) et quitte La Rochelle à destination de la Nouvelle-France. On le retrouve à Trois-Rivières, en août 1647, où il est présent à l’élection de Jacques Hertel. Le 10 septembre suivant, Jean Godefroy de Lintot lui baille à rente amortie la terre qu’il a acquise d’Antoine Leboesme dit Lalime, à raison de 80 livres par année, ainsi qu’une vache avec le bois de charpente et pieux de cèdre, le blé d’Inde et trente journées d’hommes pour déserter et brûler le bois sur la concession. Un an plus tard, en août 1648, Godefroy et Sauvaget s’accordent sur la durée de la rente, soit trois ans. La même concession (3 ½ x 8 ½ arpents) lui est concédée par Godefroy, en juin 1649, pour la somme de 1 500 livres. Ainsi, Sauvaget ne peut être à La Rochelle, en mai 1649, engageant René Savarit et Guillaume Benassis pour aller travailler à Trois-Rivières, comme l’écrit Godbout. En compagnie d’Antoine Desrosiers et d’Étienne Seigneuret, le 1er août 1649, il s’engage à livrer à Pierre Boucher la quantité de 500 pieux de cèdre ou de pruche à 15 livres le cent. Au mois d’octobre suivant, la Compagnie de la Nouvelle-France lui concède une terre de 3 x 5 arpents. Le 6 juin 1650, il passe un marché avec Flour Boujonnier pour lui abattre autant de bois sur sa terre que ce dernier en a abattu sur la sienne. Le 17 juin suivant, Jean de Lauson lui concède un emplacement situé au bas du coteau où est le fort de Trois-Rivières. Jean Sauvaget et Anne Dupuys sont parrain et marraine d’Anne Oumatouetchiouanoukoue, amérindienne, en janvier 1652. De 1652 à 1657, il est procureur fiscal à Trois-Rivières. Le 17 décembre 1652, Sauvaget vend au meunier Philippe Foubert une terre de 2 x 40 arpents située au lieu appelé le cap des Trois-Rivières. Cette terre avait été acquise d’Étiennette Després le 28 novembre auparavant. Le 9 octobre 1655, Pierre Boucher lui concède le tiers de l’île Margot dans le delta de la rivière Saint-Maurice. Il réclame de Claude Herlin, le 15 décembre suivant, le paiement de 6 ½ jours de travail, une lance d’épée et de scie. Le même jour, Boucher lui concède une terre de 30 arpents située à Trois-Rivières, laquelle il jouit depuis neuf ans. Le 31 juillet 1656, Jean Sauvaget et Étienne Seigneuret reçoivent en fief et seigneurie la première concession située à la pointe du lac Saint-Pierre et deviennent les premiers possesseurs du fief de Tonnancour (Pointe-du-Lac). En mai 1657, Sauvaget et Seigneuret vendent à Claude Jutras des terres situées au Cap-de-la-Madeleine. En mars 1659, le greffier Sévérin Ameau lui réclame que soit rendue exécutoire une cédule de la somme de 36 livres faite à son profit. Ameau a gain de cause. Jean Sauvaget repasse en France en juillet 1660 car, le 25 juillet, il est signalé absent lors de la déclaration de vente faite par Étienne Seigneuret et Madeleine Benassis, son épouse, et Anne Dupuis, épouse de Jean Sauvaget, à Guillaume Constantin dit Lavallée d’une pièce de terre tenant sur la place et la rue Saint-Pierre. À La Rochelle, ayant charge de Pierre Boucher, Jean Sauvaget recrute trois engagés les 1er et 2 mai 1662 pour aller travailler à Trois-Rivières au service de Boucher. Le lieu et la date de décès de Jean Sauvaget sont inconnus. Il serait décédé avant le 28 juin 1664, date à laquelle un arrêt ordonne que les héritiers Sauvaget jouiront des terres à eux concédées par Louis d’Ailleboust (pour la Compagnie de la Nouvelle-France) en octobre 1649. En 1674, veuve de Sauvaget, Anne Dupuys reçoit la troisième concession à Pointe-du-Lac, depuis la limite est du fief Sauvaget-Seigneuret jusqu’à la concession faite à Jutras, en banlieue de Trois-Rivières. En quelques années, on constate l’ascension sociale de Jean Sauvaget, passant de laboureur à procureur fiscal, engagiste puis copropriétaire du fief Sauvaget-Seigneuret.
Extrait. Engagement de Jean Sauvaget. 10 avril 1636.
(Source : AD17. Notaire Pierre Teuleron. 3E1286, fol. 26r)
Extrait. Engagement de Jean Sauvaget. 6 avril 1642.
(Source : AD17. Notaire Pierre Teuleron. 3E1292, fol. 47r)
Note. Les registres paroissiaux de Segonzac ne commencent qu’en 1737. (AD16 en ligne)
Voir aussi : Archange Godbout. Émigration rochelaise en Nouvelle-France, Montréal, Éditions Élysée, 1980, p. 216.
Voir aussi : Michel Langlois, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), La Maison des Ancêtres, tome 4 (Lettres N à Z0, 2001, p. 331-332.
Voir aussi : Fichier Origine.

Pour citer cet article

Guy Perron©2022, « Les engagés levés par Jean Tuffet pour l’Acadie en 1636 », Le blogue de Guy Perron, publié le 7 septembre 2022.


[1] Robert Le Blant, « Les compagnies du Cap-Breton 1629-1647 » dans RHAF, vol. 16, no 1, 1962, p. 82.

[2] Gervais Carpin, Le Réseau du Canada, Sillery, Les éditions du Septentrion, 2001, p. 302.

Publicité

Une réflexion sur “331 – Les engagés levés par Jean Tuffet pour l’Acadie en 1636

  1. Bernard Laporte

    Belle reconstitution de Jean Sauvaget, un des rares laboureurs, bêcheurs, qui sont hissés au-dessus de la moyenne dans l’échelle sociale des habitants de la Nouvelle-France (10 % dans le gouvernement de Montréal, selon Louise Dechêne « Habitants et marchands de Montréal au XVIIe siècle). Bravo encore !
    Bernard Laporte

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s