232 – Les engagés levés par David Lomeron pour l’Acadie en 1620

Après avoir délaissé Port-Royal, à la suite du ralentissement de la traite, le vice-amiral de l’Acadie Charles de Biencourt de Saint-Just s’installe à la Baie Courante et au Cap Nègre dès l’hiver 1617-1618.

La Baie Courante (ou Anse Courante) est parsemée d’îles dangereuses à cause des rochers à fleur d’eau et des courants de marées très violents[1].

Extrait. Description des côtes, points, ports et îles de la Nouvelle-France, par Samuel de Champlain. 1607.
Cap Fourchu (A), Anse Courante (B), Cap de Sable (C) et Cap Nègre (D).
(Source : Bibliothèque numérique Mondiale. Library of Congress. G3321.P5 1607. C4)

C’est le silence à Port-Royal

Avec les vingt-cinq hommes de sa troupe, écrit Adrien Huguet, Charles de Biencourt en arrive à mener une existence errante et lamentable dans la société des Souriquois dont il partage les occupations périlleuses, les fatigues et les privations.

Sa colonie décimée ne reçoit plus d’autres recrues que des matelots évadés des cales des terre-neuviers, des volontaires en rupture de bord, débarqués aux ports Canseau et de La Hève. Ces hommes introduisent à Port-Royal des habitudes nouvelles, plus indépendantes, plus vagabondes, moins laborieuses, moins tempérantes, moins réservées dans les rapports avec les filles sauvages, poursuit Huguet.

Miné par la misère et l’épuisement, Biencourt meurt en 1623 à l’âge de 31 ans.

(Source : Adrien Huguet, « Jean de Poutrincourt 1557-1615. Campagnes, voyages et aventure d’un colonisateur sous Henri IV » dans Mémoires, Société des Antiquaires de Picardie, Amiens, tome XLIV, 1932, p. 479)

Entre 1613 et 1621, de multiples opérations commerciales sont effectuées entre Samuel Georges et Jean Macain, marchands rochelais, et Charles de Biencourt.

Pour cette période, deux engagés sont recrutés par David Lomeron, marchand, secrétaire de Charles de Biencourt, écuyer, sieur de Poutrincourt, baron de Saint-Just, « grand Sagamos des Souriquois et Étchemins et pays adjacents », vice-amiral et lieutenant général en toute la Nouvelle-France, demeurant à la Baie Courante.

Le 11 janvier 1620[2], le chaudronnier rochelais Daniel Maridain se présente dans l’étude du notaire protestant Paul Chesneau, de La Rochelle, pour convenir de ses conditions d’engagement. Il promet de s’embarquer, dans six semaines, avec Lomeron dans le navire qu’il équipera pour aller retrouver le sieur de Biencourt à la Baie Courante.

Fait étonnant, il est engagé, non pas à titre de chaudronnier, mais plutôt pour faire la traite de pelleteries avec les Sauvages et l’entretien de toutes les armes qui seront dans le navire; de plus, il obéira à ce qui lui sera commandé par le sieur de Biencourt. Pour ce faire, Maridain apportera avec lui tous les outils et instruments nécessaires. Il sera nourri et logé de son départ jusqu’à son retour en France pour un salaire de 120lt. Même salaire, si de Biencourt requiert les services de Maridain pour l’hivernement de 1620-1621.

Le 16 janvier suivant[3], c’est au tour du chirurgien et pharmacien rochelais Pierre Debrie d’imiter Daniel Maridain. Cette fois, le nom du navire est mentionné. Ainsi, Debrie promet de s’embarquer « du premier beau temps que Dieu donnera » dans le navire Le Plaisir, de La Rochelle, pour aller avec Lomeron et l’équipage au voyage de la Nouvelle-France. Il sera tenu de servir et faire la fonction de pharmacien et chirurgien et s’emploiera à tout ce qui lui sera commandé par Lomeron et, en Nouvelle-France, par le sieur de Biencourt qui en aura charge à la Baie Courante. Il sera nourri et logé pendant son séjour au salaire de 135lt incluant son coffre. Il reconnaît avoir déjà reçu la somme de 75lt de Lomeron. Le reste lui sera payé à son retour en France.

Il est accordé que si de Biencourt désire que Debrie hiverne (1620-1621), il lui sera payé pour son « hivernation » et nourriture la somme de 195lt. Par contre, si Debrie retourne à La Rochelle à l’automne, il ne sera pas tenu de laisser ses médicaments au chirurgien sur place.

Voici le contrat d’engagement de Pierre Debrie en 1620.

Pacte Debrie-Lomeron

1620

(graphie contemporaine)

Personnellement établit David Lomeron, secrétaire de Charles de Biencourt, écuyer, sieur de Poutrincourt, baron de Saint-Just, grand Sagamos des Souriquois et Etchemins et pays adjacents, vice-amiral et lieutenant général de Monseigneur l’amiral en toute la Nouvelle-France, demeurant à la Baie Courante en ladite Nouvelle-France, d’une part. Et Pierre Debrie, chirurgien et pharmacien, demeurant en cette ville, d’autre part. Entre lesquelles parties a volontairement été fait et passé ce qui s’en suit. C’est à savoir que ledit Debrie a promis de s’embarquer du premier beau temps que Dieu donnera dans le navire nomme Le Plaisir, de cette dite ville, pour aller avec ledit Lomeron et l’équipage que ledit Lomeron y mettra audit voyage de la Nouvelle-France et y servir et faire par ledit Debrie la fonction de pharmacien et chirurgien tant allant, séjournant que retournant. Et encore s’employer à tout ce qui lui sera commandé par ledit Lomeron ou qui de lui aura charge. Et étant de par de-là aussi à tout ce qui lui sera commandé par ledit sieur de Poutrincourt, ou qui de lui aura charge. Ce fait, s’en retourner de par de-là dans ledit navire et ce, tant pour et moyennant la somme de cent trente-et-cinq livres tournois pour son coffre, salaire et loyer. Sur quoi, ledit Debrie a confessé avoir eu et reçu aujourd’hui, auparavant ces présentes, dudit Lomeron audit nom la somme de soixante-et-quinze livres de laquelle il se contente et en quitte ledit Lomeron qui a promis et sera tenu de bailler et payer le restant, montant soixante livres, audit Debrie incontinent après que ledit navire sera de retour en cette ville de La Rochelle, à port de Salut et bon sauvement pour tout délai. Que outre moyennant que ledit Lomeron a promis et sera tenu de nourrir et héberger ledit Debrie sans diminution du susdit prix aussi tant allant, séjournant que retournant. Et est accordé entre les parties que si ledit sieur de Poutrincourt désire que ledit Debrie hiverne de par de-là avec lui, icelui Debrie sera tenu comme il a promis d’y demeurer jusqu’à l’année prochaine moyennant qu’aussi outre sa dite nourriture, il lui sera payé pour sa dite hivernation, par ledit] sieur de Poutrincourt, la somme de cent quatre-vingt-quinze livres lorsqu’il s’en voudra retourner de par deçà où il sera conduit aussi aux dépens dudit sieur de Poutrincourt et dans le vaisseau qu’il enverra l’année prochaine de par deçà. Et où ledit Debrie s’en retournerait sans hiverner, il ne sera tenu de laisser aucun de ses médicaments ou ferrements au chirurgien qui est de par de-là, sinon en le payant de la juste valeur desdits médicaments ou ferrements. Et pour l’effet et exécution des présentes, lesdites parties ont élu leur domicile en cette ville; savoir ledit Lomeron, audit nom, au logis de la Fontaine, rue du Minage, et ledit Debrie en la maison de Balthazar Debrie, maître apothicaire, demeurant en cette ville, son frère, pour y recevoir de part et d’autre tous commandements, actes et exploits de justice nécessaire qu’il promet avoir pour agréable et tant être de même effet, force et vertu que si fait étaient à sa personne ou domicile ordinaire irrévocablement. Ce stipulant les parties       et pour ce faire icelles défense en leur endroit sans venir au contraire à peine de tous dépens, dommages et intérêts. Elles ont obligé l’une à l’autre tous et chacune leurs biens meubles et immeubles présents et à venir quelconques. Et outre ledit Debrie à tenir prison comme pour deniers royaux. Renonçant &. Fait à La Rochelle, en l’étude dudit notaire après-midi, le seizième de janvier mille six cent vingt. Présents Jean Guillemard et Paul Coignard, clerc, demeurant en ladite Rochelle. Signatures.

Extrait. Contrat d’engagement de Pierre Debrie pour la Nouvelle-France. 16 janvier 1620.
(Source : AD17. Notaire Paul Chesneau, 3E249, fol. 11v, 12r)

Qui sont ces engagés de 1620 ?

Pierre Debrie Daniel Maridain
Tableau des engagés levés pour l’Acadie en 1620.
(Source : Collection Guy Perron
Origine des engagés levés pour l’Acadie en 1620.
(Source : Collection Guy Perron)

Les deux engagés sont originaires de La Rochelle (Aunis).

Les engagés protestants rochelais Pierre Debrie et Daniel Maridain quittent La Rochelle, probablement en mars, pour la Baie Courante, en Nouvelle-France (Acadie), à bord du navire Le Plaisir (80 tx).

Le navire Le Plaisir fait voile pour la deuxième fois en Nouvelle-France, à la suite d’un contrat de charte-partie du 28 novembre 1619, souscrit par David Lomeron au nom du sieur de Biencourt. Le contrat est déclaré résolu par un acquit du 29 octobre 1620[4].

Que sont-ils devenus ?

Les deux engagés (100 %) retournent en France dès leur engagement terminé ou peu après : Debrie (1620) et Maridain (1621).

DEBRIE, Pierre

(     –     )

Demeurant à La Rochelle (Aunis), Pierre Debrie s’engage à David Lomeron, le 16 janvier 1620, pour aller travailler en Nouvelle-France, pour quelques mois, à titre de chirurgien et pharmacien, pour un salaire de 135 livres (avance de 75 livres). Il signe. Il est le frère de Balthazar Debrie, maître apothicaire rochelais. Il quitte La Rochelle, probablement en mars 1620, à bord du navire Le Plaisir (80 tx) à destination de la Baie Courante (Nouvelle-France). Semble être reparti en France à l’automne 1620.

Est-ce lui qui épouse Anne Imbert, le 1er février 1603, dans la salle Saint-Yon à La Rochelle ?

Extrait. Engagement de Pierre Debrie. 16 janvier 1620.
(Source : AD17. Notaire Paul Chesneau. 3E249, fol. 11v, 12r)

 

MARIDAIN, Daniel

(     –       )

Demeurant à La Rochelle (Aunis), le chaudronnier Daniel Maridain s’engage à David Lomeron, le 11 janvier 1620, pour aller travailler en Nouvelle-France, pour quelques mois, pour faire la traite des pelleteries et l’entretien d’armes pour un salaire de 120 livres (aucune avance). Ne signe pas. Il quitte La Rochelle, probablement en mars 1620, à bord du navire Le Plaisir (80 tx) à destination de la Baie Courante (Nouvelle-France). Semble revenir en France qu’à l’automne 1621, car le 25 septembre 1620, David Lomeron remet la somme de 30 livres à Marguerite Hastier, épouse de Maridain, en déduction de son salaire.

Le 29 janvier 1605, Daniel Maridain avait épousé Marguerite Hastier, dans la salle Saint-Yon à La Rochelle.

Extrait. Engagement de Daniel Maridain. 11 janvier 1620.
(Source : AD17. Notaire Paul Chesneau. 3E249, fol. 10v, 11r)

 

 


[1] Site web : Le Havre-Grands navigateurs (http://www.le-havre-grands-navigateurs-claudebriot.fr/410961447)
[2] AD17. Notaire Paul Chesneau. 3E249, fol. 10v, 11r. 11 janvier 1620.
[3] AD17. Notaire Paul Chesneau. 3E249, fol. 11v, 12r. 16 janvier 1620.
[4] Adrien Huguet, « Jean de Poutrincourt 1557-1615. Campagnes, voyages et aventure d’un colonisateur sous Henri IV » dans Mémoires, Société des Antiquaires de Picardie, Amiens, tome XLIV, 1932, p. 478.

 

6 réflexions sur “232 – Les engagés levés par David Lomeron pour l’Acadie en 1620

  1. Frank Mosher

    This is the de Baignan family page on the Pierfit site:
    https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&m=S&n=de+Baignan&p=
    Anne de Lomeron is in the seventeenth line.She appears to be connected to the David Lomeron family.
    Anne de Lomeron married Pierre de Baignan,son of Pierre and Catherine Le Godelier.
    PIERRE de Baignan and Catherine were also the parents of Henriette who married Louis de Gannes.Click on Louis.
    Louis married as second wife Francoise Le Bloy and they were the parents of Louis Joseph de Gannes who married as first wife Barbe Denys.
    Barbe Denys was the niece of Nicolas Denys who was doing the recruiting for the 100 Associates out of La Rochelle.
    PIERRE de Baignan from three lines above was the son of Jacques and Francoise Goulard.
    JACQUES de Baignan and Francoise were also the parents of Charles who married as first wife Renee de Vaucelles.
    Charles and Renee were the parents of Renee Marie,born 1616 who married Louis Balthazar Bertrand du Lys.This appears to be the Bertrand family of Claude Bertrand who married Catherine Pitre(Petre?).
    Claude Bertrand and Catherine’s father Johan Pitre(Petre?) appear to be sea captains for the Knights of Malta.More on that later.
    JACQUES de Baignan from three sentences above was the son of Jean,died 1605 and Mabile Maupetit.
    Jean and Mabile were also the parents of Francoise de Baignan who married Jean de Rasilly.
    Jean de Rasilly was the son of Francois de Rasilly and Catherine de Villiers.
    Francois and Catherine were also the parents of Isaac de Rasilly(Razilly),Viceroy of New France,KNIGHT OF MALTA who came to Acadia to establish the Commanderie at La Have.
    More to follow.
    Frank Mosher.

  2. Frank Mosher

    This is Anne de Lomeron and Pierre de Baignan again on the Pierfit site:
    https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=pierre&n=de+baignan&oc=1
    Pierre and Anne were the parents of Louise who married Henri Bide.Click on Henri.
    The sign of the lion usually indicates a Knight of Malta.More on Henri Bide later.
    Henri and Louise were the parents of Henriette who married Armand Louis de Ruze with the lions on the coat of arms.
    Armand Louis was the son of Henry de Ruze and Gabrielle Licquet.Henry de Ruze is identified as a second of Mazarin.I am looking for this relationship was with Mazarin.
    Henry de Ruze and Gabrielle Licquet were also the parents of Amelie-Elizabeth who married Philipp-Ludwig von Leiningen Westerburg.More on Philipp-Ludwig later.
    Frank Mosher.

  3. Frank Mosher

    Acadian researcher Armand Robichaud tells me that Henry de Ruze is basically under the command of Cardinal Mazarin.
    I believe that many Acadians left France after the Fronde(1648-1653) and went to Great Britain with the assistance of Cardinal Mazarin.I believe many of these Acadians later came to Acadia with Thomas Temple or Charles Turgis,Sieur de La Tour.
    I believe these FAMILY ALLIANCES will support that scenario.
    This is Anne de Lomeron again on the Pierfit site who married Pierre de Baignan.
    Anne was the daughter of Henry de Lomeron and Isabelle de Laize who were married Feb.Ist.,1629 in Loudun.
    Henry was the son of Rene and Anne Dubois who were married 16 July,1606 in Paris.Anne was the daughter of Jean and Marguerite d’Anviray.More on Marguerite later and her mother Catherine Tardif.
    Rene was the son of Rene de Lomeron,seigneur de La Pataudiere and ANDREE Fergon,born roughly about 1550.More on the seigneurs de La Pataudier later.
    Renee Fergon was the daughter of Martin Fergon and an unknown wife.
    This is Martin DE Fergon on the Pierfit site:
    https://gw.geneanet.org/pierfit?n=de+fergon&oc=0&p=martin
    He appears to be the sister of ANDREE Fergon from four sentences above and he received his title of seigneur de La Pataudiere obviously thru his sister ANDREE’s husband Rene de Lomeron.
    Martin DE Fergon,seigneur de La Pataudiere and seigneur de Courcoue married Esther Crespin du Bec.More on the seigneurs de Courcoue later and also more on Esther Crespin du Bec later.
    Martin DE Fergon and Esther Crespin du Bec were the parents of Charlotte who married Louis de Beauvau.I believe this is the source of the Acadian Belliveau name.
    Louis was the son of Louis and Charlotte de Brillouet.
    Louis and Charlotte were also the parents of Antoinette who married Jacques d’Allemagne.
    Jacques and Antoinette were the parents of Gabrielle Therese who married as second husband Gabriel de Brettes.
    Gabriel de Brettes married as his first wife Marguerite de Douhet.
    Marguerite was the daughter of Philippe who married Marie Thamoyneau.
    Philippe was the son of Martial II who married Catherine Chauveau.
    Martial II and Catherine were also the parents of Pierre who married as his third wife Francoise de Miomandre,daughter of Catherine d’Aubusson.More on Catherine later.
    Pierre and Francoise were the parents of Francoise who married Leonard Garreau de Hautefaye.
    Leonard and Francoise were the parents of Jean who married Jacquette Robichon on 20 Oct.,1670,Ste.Croix in Aubusson.
    I believe this Robichon name is the source of my Robichaud ancestors of Acadia.
    Frank Mosher.

  4. toddmuise

    Bonne journée
    Je cherche à Fort Lomeron depuis des décennies et je veux partager mes informations avec vous. Je vis dans le cercle sur la carte. Anse Courante.
    Écrivez-moi s’il vous plaît
    Apprécié

  5. toddmuise

    Good Day Guy
    Do you have any information on David Lomeron or any missions or settlements in this area that you have circled in the 1600’s? You can send to my personal email if you want.
    Much Appreciated

    1. La participation de David Lomeron au développement et à la colonisation de l’Acadie est indéniable, mais trop méconnue.

      J’ai lu dans : https://www.erudit.org/fr/revues/haf/2012-v66-n2-haf01097/1021591ar/
      Un marchand rochelais, David Lomeron, est impliqué dans plusieurs compagnies en Acadie et en Nouvelle-France pendant le XVIIe siècle, mais on n’est pas en mesure de confirmer s’il s’agit de sa famille ou non. Selon les registres paroissiaux d’Aulnay, la famille Lomeron garde la seigneurie jusqu’à la Révolution. Archives départementales de la Vienne (Poitiers), Série 9E 17/1.

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