Le blogue de Guy Perron

La vie de nos ancêtres à travers les documents d'archives… entre La Rochelle et les colonies…

163 – Une vie scandaleuse au logis « Le Cerf volant » à La Rochelle en 1630

Deux ans après la fin du Grand Siège (1627-1628), la chasse aux sorcières se poursuit à La Rochelle… évidemment envers les protestants !

En 1630, la police rochelaise est saisie d’une affaire de vie scandaleuse sur la rue Saint-Jean-du-Perrot.

La rue Saint-Jean-du-Perrot à La Rochelle. Gravure à l’eau-forte dessinée et gravées par Adolphe Varin.
(Source : J.-B.-E. Jourdan, La Rochelle historique et monumentale, La Rochelle, Rumeur des Âges, 1984, p. 17)

Le 21 octobre, elle s’y transporte pour mettre dehors les gens « mal vivant et menant vie scandaleuse » qui sont arrivés à La Rochelle sans aucune permission[1], et qui demeurent près du logis où pend pour enseigne Le Cerf volant, situé sur la grande rue Saint-Jean-du-Perrot.

Extrait. Jugement rendu contre Jean Bauget, et sa femme, qui mènent une vie scandaleuse. 21 octobre 1630.
(Source : AM17. Police de commerce contre les réformés. FFARCHANC22r)

Source : Paul Lacroix, XVIIe siècle, institutions, usages et costumes, France 1590-1700, Paris, 1880.

La police interroge les voisins pour connaître les gens de cette rue qui mènent une telle vie. Ils sont tous unanimes en identifiant l’hôte du Cerf volant et son épouse, laquelle s’abandonnent à toutes sortes de personnes, même au premier venu ! De plus, la présence de femmes de joie cause plusieurs disputes et batteries[2] dans la maison et sur la rue, tant de jour que de nuit.

La police ordonne à Jean Bauget, hôte du logis Le Cerf volant, et son épouse, de quitter la ville dans les trois prochains jours pendant lesquels ils seront emprisonnés. L’enseigne du logis maudit sera abattue.

S’agit-il du protestant Jean Bauget qui épouse Anne Michaud, le 7 février 1610, à La Rochelle[3] ?

Quoiqu’il en soit, Charles Dubouchet et Samuel Tongrelou, praticien, se portent caution de leur coreligionnaire, Jean Bauget, et promettent de le représenter à la première perquisition.

Aucune trace de ce couple après cet événement.

La rue Saint-Jean-du-Perrot à La Rochelle.
(Source : mappy.com)

 


[1] Après le Grand Siège de La Rochelle, tout protestant devait avoir son acte du serment de fidélité au roi ainsi qu’une permission pour demeurer dans la ville.
[2] Combat ou querelle où il y a des coups donnés.
[3] AD17 en ligne. I 154 (I 18). La Rochelle. Salles Gargoulleau et Saint-Michel. Baptêmes, mariages et réceptions. 1595-1612. Vue 212/244.

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Catégories :France, HISTOIRE, La Rochelle

3 réponses

  1. Très intéressant. Merci de partager vos trouvailles.

  2. Où était ce logis ? Si cela avait été dans le texte, tu l’aurais écrit. De drôles de paroissiens, ces protestants de la rue Saint Jean du Perrot !!!

  3. Un vrai roman ! Intéressant de connaître par votre texte les mœurs et le langage de l’époque à La Rochelle.

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