Le blogue de Guy Perron

La vie de nos ancêtres à travers les documents d'archives… entre La Rochelle et les colonies…

157 – Les engagés levés par Jérôme Le Royer de La Dauversière pour Montréal en 1659

Contrairement aux années passées, la levée d’engagés pour la Nouvelle-France en 1659 est l’affaire de plusieurs catégories de recruteurs[1].

Ils sont :

  • Jérôme Le Royer de La Dauversière agissant pour le prêtre Gabriel Souart (curé de Ville-Marie) et l’abbé Gabriel de Thubières de Queylus (grand-vicaire à Montréal de l’archevêque de Rouen);
  • le prêtre Guillaume Vignal agissant pour lui-même et les Ursulines de Québec;
  • Claude Robutel sieur de Saint-André (pour lui-même);
  • Michel Desorcis, marchands rochelais (pour lui-même).
  • Jacques Mousnier, marchand rochelais (pour lui-même);
  • François Peron, marchand rochelais (pour des particuliers).

À ces hommes, il faut ajouter deux femmes :

Jérôme Le Royer de La Dauversière (1597-1659)
(Source : Wikipédia)

♦♦♦

En 1659, Jérôme Le Royer de La Dauversière est en France pour recruter une main-d’œuvre pour les besoins des Sulpiciens qui travaillent à ériger des bâtiments, ceux d’un séminaire en construction, et à cultiver de nouvelles terres[2].

Au nom de l’abbé de Queylus et du prêtre Gabriel Souart (recruteurs pour les Sulpiciens), dans l’après-midi du 8 juin, La Dauversière fait venir 16 hommes dans la maison du marchand rochelais Jacques Mousnier pour convenir des conditions d’engagement devant le notaire Alexandre Demontreau.

Chaque engagé décline ses prénom et nom, son lieu d’origine et sa profession (s’il y a lieu). Le notaire écrit le salaire annuel ainsi que l’avance accordée (variant entre 60 et 70 livres). Un seul engagé signe son contrat.

Les sept premiers engagés s’enrôlent pour une durée de 3 ans au service de l’abbé de Queylus : André Bourget, Jean Coudart, Gilles Deveine, Jacques Métivier, Jacques Marsetteau et son fils Mathurin, tous maçons et tailleurs de pierre, et Étienne Trutteau, charpentier de gros œuvres.

Pour une durée de cinq ans, cinq autres hommes s’engagent à servir l’abbé de Queylus « en tout ce qui leur sera commandé de sa part » : Julien Averty, Étienne Hardouin, Jacques Le Prêtre, René Moreau et Pierre Neveu.

Aussi pour une durée de cinq ans, les quatre derniers engagés promettent servir Gabriel Souart, curé de Ville-Marie : Julien Blois, Antoine Courtemanche, Jean Martineau et Jean Renou.

La Dauversière promet aux seize engagés de les faire passer aux frais soit de l’abbé de Queylus, soit de Souart, qui seront tenus de les nourrir à Montréal pour la durée de leur engagement.

Voici un contrat-type d’engagement entre l’engagiste (Gabriel Souart, prêtre) et l’engagé (homme de travail) en 1659.

Promesse [de] Renou, Martineau et autres [à] Monsieur Souart, prêtre.

(graphie contemporaine)

Par-devant le notaire royal et garde-note héréditaire en la ville et gouvernement de La Rochelle soussigné. Furent présents en leurs personnes [prénoms, noms], [métier], du lieu de [localisation], étant de présent en cette ville. Lesquels ont volontairement promis et se sont obligés à Monsieur Souart , prêtre, demeurant à Montréal en la Nouvelle-France, absent, et stipulant et acceptant par noble homme Jérôme Le Royer sieur de La Dauversière, demeurant à La Flèche en Anjou, à ce présent en personne, de bien et fidèlement servir ledit sieur Souart en ladite île de Montréal, pendant le temps de cinq ans entiers et consécutifs à tout ce qui leur sera commandé de sa part. Commençant à courir lesdits cinq ans du jour de leur arrivée audit Montréal et non plus tôt; auquel lieu ils seront conduits au plutôt aux frais dudit sieur Souart qui sera tenu aussi de les nourrir audit pays pendant lesdites cinq années. Et outre, pour et moyennant la somme de soixante-dix livres à chacun pour leur gages de chacun desdits cinq ans que ledit sieur de La Dauversière, audit nom, promet de leur faire payer audit pays par ledit sieur Souart à l’échéance de chacune d’icelle. Et néanmoins, leur a présentement payé par avance la première d’icelle, dont partant, chacun d’eux se tient content. Tout ce que dessus a été accordé et stipulé par les parties qu’en promettant l’entretenir sous l’obligation de tous leurs biens, même les sus dits obligés chacun d’eux leurs personnes à tenir prison.   Renonçant &. Jugé &. Fait et passé à ladite Rochelle en la maison du sieur Jacques Mousnier, le [jour, mois] mille six cents cinquante-neuf, [avant ou après]-midi. Présents [prénom, nom] et [prénom, nom], [métier], demeurant à ladite Rochelle, témoins. Signatures.

Contrat d’engagement de Jean Renou, Jean Martineau, Julien Blois et Antoine Courtemanche pour le Canada. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 86r)

Qui sont ces engagés de 1659 ?

Julien Averty Jacques Marsetteau
Julien Blois Mathurin Marsetteau
André Bourget Jean Martineau
Jean Coudart Métivier, Jacques
Antoine Courtemanche Moreau, René
Gilles Deveine Neveu, Pierre
Étienne Hardouin Renou, Jean
Jacques Le Prêtre Trutteau, Étienne

Tableau des engagés levés par Jérôme Le Royer de la Dauversière en 1659.
(Source : Collection Guy Perron)

Cinq engagés sont originaires de l’Anjou, sept de l’Aunis, deux de l’Auvergne et deux du Maine.

Origine des engagés levés par Jérôme Le Royer de La Dauversière en 1659.
(Source : Collection Guy Perron)

Le 29 juin, les engagés embarquent à bord du navire Le Saint-André (300 tx). Ce dernier lève l’ancre, met les voiles puis quitte La Rochelle le 2 juillet.

À noter que les engagés André Bourget et Jean Coudart ne sont pas à bord… ils se sont cachés !

Que sont-ils devenus ?

Trois engagés (19 %) n’ont pas atteint Québec : Bourget (s’est caché), Coudart (s’est caché) et Jacques Marsetteau (probablement mort en mer).

Deux engagés (12 %) sont décédés pendant leur engagement : Le Prêtre (1661) et Métivier (1659).

Trois engagés (19 %) retournent en France dès leur engagement terminé ou peu après : Martineau (1662), Moreau (1664) et Neveu (1671).

Huit engagés (50 %) restent en Nouvelle-France, dont quelques-uns ont une descendance : Averty, Blois, Courtemanche, Deveine, Hardouin, Marsetteau fils, Renou et Trutteau.

AVERTY dit Langevin, Julien

(c1632-1687)

Fils de Julien Averty et de Jeanne Veron, Julien Averty est originaire de La Flèche (Anjou). Il s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant cinq ans à raison de 75 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Confirmé le 24 août 1660 à Montréal. En 1666, en vain, il passe un contrat de mariage avec Jeanne Loisel. En 1667, il possède trois arpents de terre en valeur à La Prairie. Il épouse à Sainte-de-la-Pérade, le 25 octobre 1677, Jeanne Lecomte, veuve d’Olivier de Laroux. Au recensement de 1681, il possède six arpents de terre en valeur et sept bêtes à cornes. Sans enfants, il fait donation de ses biens en septembre 1687, mais ce legs est aboli par le Conseil souverain en faveur de Maurice Averty, son cousin germain. Après s’être confessé à son curé le 27 septembre 1687, avoir reçu le Très Saint-Viatique le 30 septembre et l’extrême onction le 1er octobre, ce marguillier décède le même jour dans la maison des Jésuites. Il est inhumé dans le cimetière « désigné seulement et non béni » de La Prairie à l’âge de 55 ans.

Extrait. Engagement de Julien Averty. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 85v, 86r)

Note : Des recherches dans les registres paroissiaux de La Flèche (qui commencent en 1633) entre 1633 et 1635 ont été vaines. (Source : AD72 en ligne)
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 25-26.

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BLOIS dit Servigny, Julien

(1637-1730)

Fils de Julien Blois et de Radegonde Marchand, Julien Blois est baptisé le 3 novembre 1637 à Clermont-Créans (Anjou). Il s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service du prêtre Gabriel Souart durant cinq ans à raison de 70 livres par an (avance de 70 livres). Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Il est placé, en 1663, par Maisonneuve dans la 11e escouade de la milice de la Sainte-Famille. Il épouse à Montréal, le 26 novembre 1665, Marguerite Leclerc, fille de Pierre Leclerc et de Nicole Petit, de Tours (Saint-Symphorien). De cette union vont naître quatre enfants. En 1667, le couple possède trois arpents de terre en valeur. Outre cette terre, il se fait concéder à Montréal en 1673, rue Saint-Paul, un terrain de 40 pieds de front aboutissant à la grève. Au recensement de 1681, il possède 25 arpents de terre en valeur et sept bêtes à cornes. Il épouse en secondes noces, le 11 août 1704, Françoise Goupil, veuve de Cybar Courault. Aucun enfant. Il décède à Montréal le 1er octobre 1730 (92 ans) et inhumé le lendemain dans le cimetière proche de l’église.

Extrait. Engagement de Julien Blois. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 86r)

Acte de baptême de Julien Blois. 3 novembre 1637.
(Source : AD72 en ligne. 1MI963R1. Clermont. Baptême. 1610-1648. Vue 59/122)

Voir aussi : Fichier Origine.
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 28.
Voir aussi : Michel Langlois, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), La Maison des Ancêtres, tome I (Lettres A à C), 1998, p. 155-156.

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BOURGET, André

(     –       )

Originaire de La Rochelle (Aunis), André Bourget s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant trois ans à titre de maçon et tailleur de pierre, à raison de 100 livres par an. Ne signe pas. Le Rôle de la recrue de 1659, en marge de son nom, porte la mention «  s’est caché ». Il n’est donc pas venu au Canada après trois tentatives (1655, 1656 et 1659).

Engagement d’André Bourget. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 84v)

Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 29.

♦♦♦

COUDART, Jean

(     –       )

Originaire de La Rochelle (Aunis), Jean Coudart s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant trois ans à titre de maître maçon et tailleur de pierre, à raison de 100 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Le Rôle de la recrue de 1659, en marge de son nom, porte la mention « s’est caché ». Il n’est donc pas venu au Canada en 1659.

Engagement de Jean Coudart. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 84v)

Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 34.

♦♦♦

COURTEMANCHE dit Jolicoeur, Antoine

(1640-1671)

Fils de Pierre Courtemanche et de Marie Houdé, Antoine Courtemanche est baptisé le 1er août 1640 à Bannes (Anjou). Se disant originaire de Saint-Pierre de Chavillé, il s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service du prêtre Gabriel Souart durant cinq ans à raison de 65 livres par an (avance de 60 livres). Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Confirmé le 24 août 1660 à Montréal. En 1663, il s’enrôle dans la milice de la Sainte-Famille et s’incorpore à la 14e escouade. Le surnom de Jolicoeur lui est peut-être attribuer à la suite de ses services comme soldat. Il épouse à Montréal, le 26 avril 1663, Élizabeth Haquin, fille d’Abraham Haquin et de Marie Descallognes, de Couppereux-en-Brie. De cette union vont naître quatre enfants. Au terme de son engagement, Maisonneuve lui concède, en 1665, une terre de deux arpents de front par quinze arpents de profondeur. En 1667, le couple possède six arpents de terre de valeur. Il est inhumé à Montréal, le 16 juin 1671, « pris à l’hôpital ».

Extrait. Engagement d’Antoine Courtemanche. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 86r)

Acte de baptême d’Antoine Courtemanche. 1er août 1640.
(Source : AD72. 1MI1074R1. Bannes. Baptêmes. Mariages. Sépultures. 1553-1700. Vue 254/402)

Voir aussi : Fichier Origine.
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 34.
Voir aussi : Michel Langlois, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), La Maison des Ancêtres, tome I (Lettres A à C), 1998, p. 473-474.

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DEVEINE dit Chagnolet, Gilles

(     –       )

Originaire de La Rochelle (Aunis), Gilles Deveine s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant trois ans à titre de maçon et tailleur de pierre, à raison de 100 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. En 1667, à 50 ans, il est domestique chez Marie Pournin, veuve de Jacques Testard. Il décède sans alliance à un endroit indéterminé.

Extrait. Engagement de Gilles Deveine. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 84v)

Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 37.

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HARDOUIN dit La Fantaisie, Étienne

(c.1641-1671)

Originaire de Clermont (Auvergne), Étienne Hardouin s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant cinq ans, à raison de 60 livres par an. Il signe. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Il reçoit une concession de terre de M. de Maisonneuve, le 3 mai 1665. En 1667, à 26 ans, il possède quatre arpents de terre en valeur. Il est inhumé à Montréal, le 30 juin 1671 à l’âge de 30 ans, « pris à l’hôpital ».

Extrait. Engagement d’Étienne Hardouin. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 85v, 86r)

Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 43.

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LE PRÊTRE, Jacques

(c1631- 1661)

Originaire de Le Louroux-Béconnais (Anjou), Jacques Le Prêtre s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant cinq ans, à raison de 60 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Domestique des Sulpiciens. Il est tué par les Iroquois, le 25 octobre 1661, dans l’Île-à-la-Pierre. Son décès est entré dans le registre des sépultures de Montréal, le 13 février 1662. Il était âgé de 30 ans.

Extrait. Engagement de Jacques Le Prêtre. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 85v, 86r)

Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 46.

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MARSETTEAU, Jacques

(     –       )

Originaire de La Rochelle (Aunis), Jacques Marsetteau s’engage avec soin fils (voir ci-après) envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant trois ans à titre de maçon et tailleur de pierre, à raison de 70 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Probablement mort en mer.

Extrait. Engagement de Jacques Marsetteau. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 84v)

Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 47.

♦♦♦

MARSETTEAU (ou Masta), Mathurin

(c.1643-1688)

Fils de Jacques Marsetteau et de Marie Coulaude, Mathurin Marsetteau est originaire de Saint-Denis-la-Chevasse (Vendée). Alors qu’il se dit originaire de La Rochelle (Aunis), il s’engage avec son père (voir ci-haut) envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant six ans à titre de maçon et tailleur de pierre, à raison de 70 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Confirmé le 24 août 1660 à Montréal sous le nom de Marteau. Il épouse à Montréal, le 14 décembre 1665, Antoinette Éloy, fille de Jean Éloy et d’Antoinette Poité, de Saint-Étienne-en-Brie. De cette union vont naître sept enfants. Les Sulpiciens lui concèdent une terre en 1666. En 1667, à l’âge de 24 ans, il possède deux arpents de terre en valeur. Au recensement de 1681, il possède quatre arpents de terre en valeur et quatre bêtes à cornes. Il est inhumé à la Pointe-aux-Trembles, le 1er mai 1688, à l’âge de 45 ans.

Extrait. Engagement de Mathurin Marsetteau. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 84v)

Note : Les registres paroissiaux de Saint-Denis-la-Chevasse ne commencent qu’en 1737. (Source : AD85 en ligne)
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 47-48.
Voir aussi : Michel Langlois, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), La Maison des Ancêtres, tome 3 (Lettres J à M), 2000, p. 398.

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MARTINEAU, Jean

(     –       )

Originaire de Saint-Germain du Val (Anjou), Jean Martineau s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service du prêtre Gabriel Souart durant cinq ans, à raison de 70 livres par an (avance de 70 livres). Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Semble repartir pour de bon en France, en 1664, après ses cinq années d’engagement.

Extrait. Engagement de Jean Martineau. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 86r)

Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 48.

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MÉTIVIER, Jacques

(     -1659)

Originaire de La Rochelle (Aunis), Jacques Métivier s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant trois ans à titre de maçon et tailleur de pierre, à raison de 100 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Il décède à l’hôpital de Ville-Marie, le 23 novembre 1659, soit moins de deux mois après son arrivée.

Extrait. Engagement de Jacques Métivier. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 84v)

Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 48.

♦♦♦

MOREAU, René

(c.1641-     )

Originaire de Clermont (Auvergne), René Moreau s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant cinq ans, à raison de 60 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Domestique des Sulpiciens. Il obtient une concession le 4 décembre 1665 à Montréal. Au recensement de 1666, à 25 ans, il est habitant à Montréal. Probablement repasser en France après cette date.

Extrait. Engagement de René Moreau. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 85v, 86r)

Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 49.

♦♦♦

NEVEU dit Laverdure, Pierre

(     –       )

Originaire de Béné (Anjou), Pierre Neveu s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant cinq ans, à raison de 60 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Parrain, à Montréal, le 9 mai 1665. Mentionné dans les Registres de Justice Seigneuriale le 4 janvier 1667. Probablement repasser en France après cette date.

Extrait. Engagement de Pierre Neveu. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 85v, 86r)

Note : Les registres paroissiaux de Juigné-Béné ne commencent qu’en 1676. (Source : AD49 en ligne)
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 49.

♦♦♦

RENOU, Jean

(1631-     )

Fils d’Étienne Renoul et d’Ambroise Boiret, Jean Renou est baptisé le 29 août 1631 à Mézeray (Maine). Il s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service du prêtre Gabriel Souart durant cinq ans, à raison de 70 livres par an (avance de 70 livres). Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Domestique à l’Hôtel-Dieu, il promet défricher le 21 novembre 1662. Soldat de la 16e escouade de 1663. Confirmé le 24 août 1660 à Montréal. Au recensement de 1667, Jean « Renoul » est domestique de Jean Gasteau à Montréal. Au recensement de 1681, on le retrouve comme habitant chez Jacques Morin à Lachine (fief Verdun).

Extrait. Engagement de Jean Renou. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 86r)

Acte de baptême de Jean Renou. 29 août 1631.
(Source : AD72 en ligne. 1MI1127R2. Mézeray. Baptêmes. Mariages. Sépultures. 1603-1655. Vue 112/290)

Voir aussi : Fichier Origine.
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 52-53.

♦♦♦

TRUTTEAU (Trudeau), Étienne

(1641-1712)

Fils de François Trutteau et de Catherine Matinier, Étienne Trutteau est baptisé le 15 septembre 1641 à la chapelle Sainte-Marguerite de La Rochelle (Aunis). Il s’engage envers Jérôme Le Royer de La Dauversière, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de l’abbé de Queylus durant trois ans à titre de charpentier de gros œuvres, à raison de 100 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Un des héros du combat du 6 mai 1662, il est soldat de la 6e escouade en 1663. Achat d’un emplacement à Montréal en 1663. En 1665, les Sulpiciens lui concèdent une terre de deux arpents de front par quinze arpents de profondeur au-dessous du second ruisseau, à la Côte Saint-François. Il épouse à Montréal, le 10 janvier 1667, Adrienne Barbier, fille de Gilbert Barbier et de Catherine Delavaux. De cette union vont naître 14 enfants. Charpentier recherché, Trutteau va bâtir une bonne partie des maisons de Montréal à cette époque. Dans un document de 1697, on apprend qu’il est presque sourd, car en raison de sa surdité, on lui fait lecture à très haute voix. Il décède à Montréal où il est inhumé le 22 juillet 1712. En 1717, le partage de ses biens entre ses héritiers révèle qu’il possédait deux maisons situées sur la rue Saint-Paul (valant 9 905 livres) et une concession à Longueuil (valant 19 999 livres).

Extrait. Engagement d’Étienne Trutteau. 8 juin 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 84v)

Acte de baptême d’Étienne Trutteau. 15 septembre 1641.
(Source : AD17 en ligne. GG374. La Rochelle. Chapelle Sainte-Marguerite. Baptêmes. 1639-1654. Vue 41/284)

Voir aussi : Dossier d’archives. Fichier Origine.
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 55.
Voir aussi : Michel Langlois, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), La Maison des Ancêtres, tome 4 (Lettres N à Z), 2001, p. 419-421.

 


[1] Gervais Carpin, Le Réseau du Canada, Sillery, Les éditions du Septentrion, 2001, p. 226.
[2] Ibid., p. 227.

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Catégories :Canada, Engagés, France, GÉNÉALOGIE, La Rochelle, Montréal, Nouvelle-France

5 réponses

  1. Merci beaucoup et BRAVO pour la nouvelle image de votre site ! Plus clair avec ce blanc en arrière plan
    merci pour votre partage de tout ce grand et immense travail

  2. à nouveau, merci pour cette contribution qui enrichit nos arrières historiques. A. B.

  3. Bravo et merci pour la nouvelle page !

    Il sera encore plus agréable de lire tes chroniques qui sont toujours intéressantes.

  4. Merci ! Renou et Courtemanche m’intéressent grandement. Que de détails intéressants !
    Pour Jean Renou, le Fichier Origine n’a pas le même jour de baptême que vous : le 25 et vous le 29.
    RENOU / RENOUL / DESLAURIERS, Jean 243532
    Date de baptême 25-08-1631
    et je ne vois pas dans le FO d’hyperlien vers un dossier d’archives.
    Bonne idée de les contacter pour harmoniser vos deux fiches ?
    D’autre part, Je suis intéressée par l’hypothèse du FO selon laquelle Jean Renou aurait pu être victime du massacre de Lachine en 1689.
    http://www.fichierorigine.com/recherche?numero=243532

    • Pour l’acte de baptême de Renou, il faut lire « XXIXe ». D’ailleurs, l’acte de baptême figurant avant celui de Renou est daté du 28 août.

      Il y a quelques années, je communiquais avec certains sites de bases de données pour faire rectifier certaines dates… en vain. Plusieurs sites utilisent des données imprimées au fil des années, reprenant souvent les erreurs de lecture des auteurs.

      Mon blogue décrit la vie des ancêtres à travers les documents d’actives, donc en recourant aux documents originaux. Libre à chaque sites de mettre à jour leurs bases de données en suivant mon blogue…

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