Le blogue de Guy Perron

La vie de nos ancêtres à travers les documents d'archives… entre La Rochelle et les colonies…

156 – Les engagés levés par Jeanne Mance et sœur Judith Moreau pour Montréal en 1659

Contrairement aux années passées, la levée d’engagés pour la Nouvelle-France en 1659 est l’affaire de plusieurs catégories de recruteurs[1].

Ils sont :

  • Jérôme Le Royer de La Dauversière agissant pour le prêtre Gabriel Souart (curé de Ville-Marie) et l’abbé Gabriel de Thubières de Queylus (grand-vicaire à Montréal de l’archevêque de Rouen);
  • le prêtre Guillaume Vignal agissant pour lui-même et les Ursulines de Québec;
  • Claude Robutel de Saint-André (pour lui-même);
  • Michel Desorcis, marchands rochelais (pour lui-même);
  • Jacques Mousnier, marchand rochelais (pour lui-même);
  • François Peron, marchand rochelais (pour des particuliers).

À ces hommes, il faut ajouter deux femmes :

  • Jeanne Mance agissant pour l’Hôtel-Dieu de Montréal;
  • sœur Judith Moreau, agissant pour les Hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche.

♦♦♦

Ayant la charge de l’Hôtel-Dieu depuis 1642, Jeanne Mance quitte Montréal le 20 septembre 1658, puis s’embarque à Québec le 14 octobre. Son but est de remettre son hôpital entre les mains des sœurs hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche[2] et de recruter une main-d’œuvre, soit pour les besoins de l’hôpital, soit pour le travail de la terre[3].

Administratrice de cette institution, Jeanne Mance lève sept engagés. Le 5 mai, Pierre Pérusseau et Simon Grégoire sont recrutés à titre de laboureurs à bras. Le maître-maçon et tailleur de pierre, Noël Davignon, s’engage le 12 juin. Enfin, le 21 juin, Jacques Laval, Jacques Bonin, Pierre Moreau et André Trojault s’entendent avec Mance.

Désignée supérieure de la Communauté des filles hospitalières de Saint-Joseph, envoyée à Montréal pour l’Hôtel-Dieu, sœur Judith Moreau recrute deux hommes et une femme pour son service et celui de sa communauté : Jean Cellier et René Cuillerier (8 juin), Marie Paulo (18 juin).

Ces deux femmes font venir les engagés qu’elles ont recruté dans la maison du marchand rochelais Jacques Mousnier, chez qui elles logent, pour convenir des conditions d’engagement devant le notaire Alexandre Demontreau.

Chaque engagé décline ses prénom et nom, son lieu d’origine et sa profession (s’il y a lieu). Le notaire écrit le salaire annuel ainsi que l’avance accordée (variant entre 30 et 75 livres) soit pour l’achat de hardes et habillement ou autres choses. Trois engagés signent leur contrat.

Étrangement, les engagés Moreau et Trojault n’ont pas de salaire, mais sont « seulement pris pour leur nourriture et entretien ».

Tous les engagés s’obligent de s’embarquer dans les premiers navires qui feront voile. Ils seront nourris pendant et après le voyage et la durée de leur engagement.

Voici un contrat-type d’engagement entre l’engagiste (Jeanne Mance) et l’engagé (homme de travail) en 1659.

Engagement [nom de l’engagé] à Mademoiselle Jeanne Mance

(graphie contemporaine)

Par-devant le notaire royal et garde-note héréditaire en la ville et gouvernement de La Rochelle soussigné. Personnellement établie damoiselle Jeanne Mance, administratrice de l’Hôtel-Dieu de Saint-Joseph à Ville-Marie, en l’île de Montréal, pays de la Nouvelle-France en Canada, étant de présent en cette ville de La Rochelle, d’une part. Et [prénom, nom], [métier], natif de [localisation], étant de présent en cette dite ville, d’autre part. Entre lesquelles parties a été fait et passé ce qui s’ensuit. C’est à savoir que ledit [nom] s’est volontairement loué et engagé à ladite damoiselle Jeanne Mance qui l’a pris et prend en qualité de serviteur domestique pendant le temps et espace de [nombre] ans entiers et consécutifs qui commenceront du jour que ledit [nom] abordera à la terre dudit Montréal, auquel lieu ladite damoiselle Mance le fera passer et embarquer dans les premiers navires qui feront voile pour ledit pays et le nourrira dès à présent et pendant le voyage sans qu’il en coûte aucune chose audit [nom], ni sans diminution de ses gages. Pendant tout lequel temps, ledit [nom] a promis et s’oblige et sera tenu de servir du mieux de son pouvoir ladite damoiselle Mance, soit à labourer et défricher la terre et autres gros ouvrages et de lui obéir en tout ce qui lui sera commandé de sa part de licite et honnête, son profit faire sa perte, éviter et l’en avertir sitôt qu’il viendra à sa connaissance sans pouvoir se distraire de son service pendant ledit temps pour quelque prétexte que ce soit. Pendant lequel temps et dès à présent, ladite damoiselle promet de le nourrir et héberger selon que l’on a de coutume de nourrir des personnes de travail et le traiter docilement sans outrage. Et outre, pour et moyennant le prix et somme de [nombre] livres tournois pour ses gages de chacune des dites [nombre] années, qui courront du jour qu’il sera arrivé audit pays de Canada seulement et non plus tôt, que ladite damoiselle promet et s’oblige lui bailler et payer à la fin des dites [nombre] années en argent comptant ou en billet payable en France, à lui ou à son ordre. Et pour les hardes et habillement dont ledit [nom] a besoin à présent, ladite damoiselle lui avancera ce qu’il conviendra pour les acheter jusqu’à concurrence de la somme de [nombre] livres tournois, qui sera première déduite sur la première année de ses gages. Ce que dessus a été stipulé et accepté par les parties qui promettent respectivement l’entretenir sous l’obligation de leurs biens meubles, ledit [nom] sa personne à tenir prison. Renonçant &. Jugé &. Fait et passé à ladite Rochelle en la maison et présence du sieur Jacques Mousnier, marchand, y demeurant, le [jour, mois] mille six cents cinquante-neuf, [avant ou après]-midi. Présents aussi [prénom, nom] et [prénom, nom], [métier], demeurant en cette dite ville, témoins. Signatures.

Contrat d’engagement de Pierre Pérusseau pour le Canada. 5 mai 1659.
(Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, fol. 6v)

Qui sont ces engagés de 1659 ?

Jacques Bonin Pierre Moreau
Jean Cellier Marie Paulo
René Cuillerier Pierre Pérusseau
Noël Davignon Simon Grégoire
Jacques Laval André Trojault

Tableau des engagés levés par Jeanne Mance et sœur Judith Moreau en 1659.
(Source : Collection Guy Perron)

Un engagé est originaires de l’Anjou, trois de l’Aunis, un de l’Auvergne, un de l’Île-de-France, deux du Poitou et deux de la Saintonge.

Origine des engagés levés par Jeanne Mance et sœur Judith Moreau en 1659.
(Source : Collection Guy Perron)

Le 29 juin, les engagés embarquent à bord du navire Le Saint-André (300 tx). Ce dernier lève l’ancre, met les voiles puis quitte La Rochelle le 2 juillet.

Comme Jeanne Mance promet nourrir les engagés Pérusseau et Simon dès la signature du contrat (5 mai), on peut imaginer de grands frais jusqu’à l’embarquement (29 juin) : 55 jours/engagé.

Que sont-ils devenus ?

Deux engagés (20 %) n’ont pas atteint Québec : Laval (rayé du rôle) et Bonin (décédé en mer).

Trois engagés (30 %) retournent en France dès leur engagement terminé ou peu après : Davignon (1662), Cellier (1664) et Paulo (1671).

Cinq engagés (50 %) restent en Nouvelle-France, dont quelques-uns ont une descendance : Cuillerier, Moreau, Pérusseau, Simon et Trojault.

À cette époque, l’Hôtel-Dieu de Montréal, dit Hôtel-Dieu de Saint-Joseph de Ville-Marie,

« comprend d’abord l’ancien hôpital de 1645 (construit de pierre et mesurant 60 pieds sur 24) auquel on avait joint une petite chapelle de 9 à 10 pieds en carré, entre cet hôpital et la maison de bois de Jeanne Mance; en second lieu, le corps de logis, de 80 pieds sur 30 et haut de 20, construit de bois en 1653-1654, corps de logis qui contient une grande salle pour les malades et, à l’étage, une salle qui sera le dortoir des religieuses; enfin, à l’extrémité de ce bâtiment, une chapelle de pierre, de 50 pieds sur 24, surmontée d’un clocher.

Outre divers petits bâtiments de service, où l’on a du cheptel, l’Hôtel-Dieu dispose d’un puits de cinq pieds de diamètre, creusé en 1659.

Marcel Trudel

Source : Histoire de la Nouvelle-France, Montréal, Éditions Fides, vol. III : La seigneurie des Cent-Associés, t. 2 : La société, 1983, p.418-419.

BONIN, Jacques

(     –     )

Originaire de L’Île-d’Elle (Poitou), Jacques Bonin s’engage, le 21 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de Jeanne Mance, administratrice de l’Hôtel-Dieu, durant trois ans à raison de 60 livres par an (avance de 30 livres). Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Il est probablement décédé en mer.
Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, folio 86v, 87r (21 juin 1659).
Note : Les registres paroissiaux de L’Île-d’Elle ne commencent qu’en 1666 (Source : AD85 en ligne).
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 29.

CELLIER, Jean

(     –      )

Originaire de Riom (Auvergne), Jean Cellier s’engage, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de sœur Judith Moreau, supérieure de la communauté des filles hospitalières de Saint-Joseph, durant cinq ans à raison de 75 livres par an (avance de 75 livres). Il signe. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. D’après le rôle de la recrue, il est défricheur et boulanger. Il est confirmé le 24 août 1660 à Montréal. En 1663, il figure comme soldat dans la 16e escouade de la milice de la Sainte-Famille. Semble repartir pour de bon en France, en 1664, après ses cinq années d’engagement.

Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, folio 83, 84r (8 juin 1659).
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 31.

CUILLERIER dit LÉVEILLÉ, René

(1637-     )

Fils de Julien Cuillerier et de Julienne Piau, René Cuillerier est baptisé le 30 décembre 1637 à Mareil-sur-Loir (Anjou). Il s’engage à 21 ans, le 8 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de sœur Judith Moreau, supérieure de la communauté des filles hospitalières de Saint-Joseph, durant cinq ans à raison de 75 livres par an (avance de 75 livres). Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Emmené prisonnier par les Iroquois après le massacre de l’île à la Pierre, en 1661, il reçoit la bastonnade et a des ongles arrachés. Sur le point d’être brûlé, la sœur d’un capitaine tué au combat l’adopte. Il réussit à s’enfuir jusqu’à Orange (Albany) et regagne Montréal où il termine son engagement envers les Hospitalières. Le 13 avril 1665, à Montréal, il épouse Marie Lucault, fille de Léonard Lucault et de Barbe Poisson. De leur union naissent seize enfants. Au recensement de 1681, à Lachine, il possède six bêtes à cornes et 32 arpents de terre en valeur. Cultivateur et négociant, il atteint une certaine aisance. Il décède entre le 22 mars 1712 (testament) et le 16 janvier 1716 (inventaire).
Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, folio 83, 84r (8 juin 1659).

Acte de baptême de René Cuillerier. 30 décembre 1637.

Source : AD72 en ligne. 1MI967R1. Mareil-sur-Loir. Baptêmes. Mariages. Sépultures. 1563-1667. Vue 466/575.

Voir aussi : Dossier d’archives. Fichier Origine.
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 35.
Voir aussi : Michel Langlois, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), La Maison des Ancêtres, tome I (Lettres A à C), 1998, p. 493-495.

DAVIGNON, Noël

(1630-     )

Fils de Jean Davignon et de Louise Rigaleau, Noël Davignon est baptisé le 4 février 1630 dans la chapelle Sainte-Marguerite à La Rochelle (Aunis). Il s’engage à 29 ans, le 12 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de Jeanne Mance, administratrice de l’Hôtel-Dieu, durant trois ans à titre de maître maçon et tailleur de pierre, à raison de 100 livres par an (avance de 60 livres). Il signe. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. On le retrouve au contrat de mariage d’Urbain Brossard en 1660. Semble repartir pour de bon en France, en 1662, après ses trois années d’engagement.
Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, folio 87v, 88r (12 juin 1659).

Acte de baptême de Noël Davignon. 4 février 1630.

Source : AD17 en ligne. Ms253. La Rochelle. Chapelle Sainte-Marguerite. Baptêmes. 1620-1639. Vue 46/267.

Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 35.

LAVAL, Jacques

(     –       )

Originaire de Paris (Île-de-France), Jacques Laval s’engage, le 21 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de Jeanne Mance, administratrice de l’Hôtel-Dieu, durant trois ans à raison de 60 livres par an (avance de 30 livres). Il signe. Sur le Rôle de la recrue de 1659, son nom est biffé et remplacé par celui de Robert Perroy. Semble ne pas être venu en Nouvelle-France.

Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, folio 86v, 87r (21 juin 1659).
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 44.

MOREAU, Pierre

(c.1643-1661)

Originaire de La Rochelle (Aunis), Pierre Moreau s’engage, le 21 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de Jeanne Mance, administratrice de l’Hôtel-Dieu, durant quatre ans. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Il décède à l’Hôpital de Ville-Marie à l’âge de 18 ans et inhumé le 21 janvier 1661 à Montréal.
Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, folio 86v, 87r (21 juin 1659).
Note : Des recherches dans les registres paroissiaux de La Rochelle (paroisses Saint-Jean-du-Perrot et Saint-Barthelémy et chapelle Sainte-Marguerite), de 1642 à 1644, ont été vaines. (Source AD17 en ligne)
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 49.

PAULO, Marie

(c1642-     )

Fils d’Étienne Paulo, cloutier, et de Marie Nardin, Marie Paulo est originaire de La Rochelle (Aunis). Elle s’engage, le 18 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de sœur Judith Moreau, supérieure de la communauté des filles hospitalières de Saint-Joseph, durant trois ans à titre de servante à raison de 30 livres par an (avance de 30 livres). Elle signe. Elle quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Elle est la cousine de Catherine Paulo (fille du roi de 1663), épouse d’Étienne Campeau. Elle est au service de l’Hôtel-Dieu que deux mois, car elle épouse à Montréal, le 25 novembre 1659, Daniel Panier dit Laplante, charpentier, fils de Jean Panier et de Perrine Rousseau, de La Rochelle (Saint-Nicolas). De leur union naissent au moins sept enfants. En 1667, le couple possède une bête à cornes et 10 arpents de terre en valeur. Le couple repart en France après 1671.

Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, folio 91v, 92r (18 juin 1659).
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 50.

PÉRUSSEAU dit TAPCAS, Pierre

(c.1637- c.1691)

Fils de Thomas Pérusseau et de Denise Fourgeau, Pierre Pérusseau est originaire d’Asnières, près de Saint-Jean-d’Angély (Saintonge). Il s’engage, le 5 mai 1659, pour aller travailler à Montréal au service de Jeanne Mance, administratrice de l’Hôtel-Dieu, durant trois ans à titre de laboureur à bras, à raison de 60 livres par an (avance de 40 livres). Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Confirmé le 24 août 1660 à Montréal. Il épouse à Montréal, le 8 mars 1666, Marie Roy (fille du roi de 1665), fille de Guillaume Roy et de Germaine Berger, de Paris (Saint-Étienne du Mont). De leur union naissent deux enfants. En 1665, les Sulpiciens lui concèdent une terre de 30 arpents en superficie près de la rivière Saint-Pierre. Au recensement de 1681, on le retrouve à Lachine et possède quatre bêtes à cornes et sept arpents de terre en valeur. Marie Roy décède le 5 août 1689 à Lachine après avoir été enlevée par les Iroquois. Il décède avant janvier 1691. Sans descendance.
Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, folio 6 v (5 mai 1659).
Note : Les registres paroissiaux d’Asnières-la-Giraud ne commencent qu’en 1653 (Source : AD17 en ligne).
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 50.
Voir aussi : Michel Langlois, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), La Maison des Ancêtres, tome 4 (Lettres N à Z), 2001, p. 109.

SIMON, Grégoire

(c.1641-1691)

Fils de Jean Simon et de Suzanne Bancherelle, Grégoire Simon est originaire de la Mauguignère, paroisse de Benay près de Civray (Poitou). Il s’engage, le 5 mai 1659, pour aller travailler à Montréal au service de Jeanne Mance, administratrice de l’Hôtel-Dieu, durant trois ans à titre de laboureur à bras à raison de 60 livres par an. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Confirmé le 24 août 1660 à Montréal. Soldat de la 11e escouade et concessionnaire le 29 septembre 1666. Il épouse à Montréal, le 31 décembre 1668, Jeanne Collet (fille du roi de 1668), fille de Michel Collet et de Marie Hénaut, d’Orléans. Au recensement de 1681, on le retrouve à Montréal avec quatre bêtes à cornes et huit arpents de terre en valeur. Tous deux « sont tués par les Iroquois nos ennemis dans l’irruption qu’ils ont fait dans cette paroisse » et enterrés dehors, le 8 mai 1691, au coin de la sacristie de l’église de Pointe-aux-Trembles. Sans enfants.
Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, folio 6 v, 7r (5 mai 1659).
Note : Des recherches dans les registres paroissiaux de Civray, de 1638 à 1644, ont été vaines. (Source AD86 en ligne)
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 54.

TROJAULT, André

(c.1646-c1684)

Fils de Marc Trojault et de Françoise Thomas, André Trojault est originaire de Saint-Georges-d’Oléron (Saintonge). Il s’engage, le 21 juin 1659, pour aller travailler à Montréal au service de Jeanne Mance, administratrice de l’Hôtel-Dieu, durant six ans. Ne signe pas. Il quitte La Rochelle le 2 juillet à bord du navire Le Saint-André à destination de Québec où il arrive le 7 septembre suivant. Soldat de la 5e escouade de la milice en 1663. Il épouse à Montréal, le 12 novembre 1668, Françoise Guillin (fille du roi de 1668), fille de Pierre Guillin et d’Antoinette Lacroix, Saint-Pierre d’Aumale (Picardie). Sans enfants. Témoin au mariage de Grégoire Simon (voir ci-haut) et de Marie Collet en 1668. Meunier, il est serviteur de Sidrac Dugué à l’île Sainte-Thérèse en 1684. Est-ce lui qui est inhumé le 6 mars 1684 à Pointe-aux-Trembles ?
 
Source : AD17. Notaire Alexandre Demontreau. Registre 3E316, folio 86v, 87r (21 juin 1659).
Note : Les registres paroissiaux de Saint-Georges-d’Oléron ne commencent qu’en 1651 (Source : AD17 en ligne).
Voir aussi : Archange Godbout, Les passagers du Saint-André. La Recrue de 1659, Montréal, Société généalogique canadienne-française, Cahiers généalogiques 2, 2009, p. 54.

 


[1] Gervais Crespin, Le Réseau du Canada, Sillery, Les éditions du Septentrion, 2001, p. 226.
[2] Ibid., p. 225.
[3] Marcel Trudel, Histoire de la Nouvelle-France, Montréal, Éditions Fides, vol. III : La seigneurie des Cent-Associés, t. 2 : La société, 1983, p. 419.00

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Catégories :Canada, Engagés, France, GÉNÉALOGIE, HISTOIRE, La Rochelle, Montréal, Nouvelle-France, Québec

4 réponses

  1. J’apprécie beaucoup ces notes si bien présentées. J’aurais envie de vous dire que devant vos prouesses, Je pourrais bénéficier d’un coup de pouce de vous pour localiser la terre de mes ancêtres Gervais et Florent Bisson/Buisson dans la région de Québec; ils sont arrivés en 1650 environ (surement ici en 1652). A. Bisson

  2. Merci Guy !

    Gisèle Monarque

  3. Quels billets formidables vous nous offrez en ce 375e de Montréal ! Belle image de Ville-Marie et de l’Hôtel-Dieu en 1645msur le présent billet. Et visionnement dorénavant très agréable. Merci.

  4. M. Bisson, cousin cosméen, vous serez peut-être intéressé à ceci pour vos ancêtres Bisson en France :
    http://geneamis.forumdediscussions.com/t1112-etes-vous-un-descendant-des-pionniers-de-st-cosme-en-vairais#3224

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