Le blogue de Guy Perron

La vie de nos ancêtres à travers les documents d'archives… entre La Rochelle et les colonies…

80 – Les enfants Perron-Gargotin – Marie-Madeleine 4/6

D’une union de quatorze ans (1664-1678) entre Daniel Perron dit Suire et Louise Gargotin vont naître six enfants.

Quarante-neuf enfants (33 garçons, 16 filles) sont issus des mariages de cinq des six enfants : Antoine, François (sans descendance), Marie, Marie-Madeleine, Jean et Anne Perron.

Famille étendue de Daniel Perron et de Louise Gargotin. (Source : Collection Guy Perron)

Famille étendue de Daniel Perron et de Louise Gargotin.
(Source : Collection Guy Perron)

Quatrième enfant : Marie-Madeleine (1670-1736)

Née le 5 avril 1670, veille de Pâques, « magdeleine peron » est baptisée le surlendemain dans la chapelle de L’Ange-Gardien. Son parrain est Jacques Goulet et sa marraine est Madeleine Rollois.

Acte de baptême de Marie-Madeleine Perron. L’Ange-Gardien. 7 avril 1670. (Source : Fonds Drouin numérisé en ligne. Microfilm 31490713)

Acte de baptême de Marie-Madeleine Perron. L’Ange-Gardien. 7 avril 1670.
(Source : Fonds Drouin numérisé en ligne. Microfilm 31490713)

Lan de N[otre].S[eigneur].j[ésus].Ch[rist] mil six cent soixcente et dix Le septiesme _
de avril jay baptisé faisant les fonctions curiales dans La coste _
de beaupré un enfant dans La chapelle de Lange gardien nay de _
francois peron et de Louise gargotine sa fame Le cinquiesme _
avril son parain fust jaque goulet sa marene Magdelaine _
Rolloit fame de Nicolas quentin elle fust nommée Magdelaine. _
Signé : ffillion pretre miss[ionnaire]

On sait peu de choses sur l’existence de Marie-Madeleine avant son mariage. Comme elle est absente de la maison familiale lors du recensement de 1681, il est probable qu’elle était servante dans une autre famille dès l’âge de 11 ans. Au fil du temps, elle s’intéresse à un jeune homme de son village de L’Ange-Gardien : Charles Godin[1], fils de Charles Godin et de Marie Boucher.

Le 16 octobre 1689[2], les familles Perron et Godin sont réunies dans la maison de Charles Godin père pour conclure des conventions matrimoniales du futur couple, contrat rédigé par le notaire Étienne Jacob.

Charles prend sa future épouse avec les droits successifs à elle échus par le décès de son père, Daniel Perron dit Suire, à la réserve de la somme de 100 livres qui entrera dans sa communauté de biens. Charles avantage Marie-Madeleine d’un douaire préfix de 300 livres et le préciput sera de 100 livres. Les parents de Charles lui donnent un habit de mariage, selon sa condition, et une vache à lait. Ils promettent aussi de nourrir les futurs mariés pendant le temps qu’ils demeureront avec eux.

Le mariage est célébré le lendemain dans la chapelle de L’Ange-Gardien. Elle a 19 ans, il a 20 ans. Ils auront onze enfants : Charles, Louis, Marie-Madeleine, Geneviève, Jacques, Jean-François, Marie-Catherine, Guillaume, Marie-Angélique, Jean-Baptiste et Louis-Joseph.

Acte de mariage de Marie-Madeleine Perron et de Charles Godin. L’Ange-Gardien. 17 octobre 1689. (Source : Fonds Drouin numérisé en ligne. Microfilm 31490763)

Acte de mariage de Marie-Madeleine Perron et de Charles Godin. L’Ange-Gardien. 17 octobre 1689.
(Source : Fonds Drouin numérisé en ligne. Microfilm 31490763)

Le dix septiesme jour du Mois doctobre de l’Année _
Mil six Cent quatrevint neuf après la publication des _
3 bans de Mariage entre Charles Godin fils de _
Charles Godin et de Marie Boucher ses pere et _
Mere de cette ParroiSse de l’Ange Gardien Et Marie _
Magdeleine Perron fille de françois Peron et de _
Louyse Gargotin ses pere et mere auSSy de cette parroiSse _
et ne s’estant trouvé aucun Empeschement legitime _
ay pris leur mutuel consentement par parolles de _
present et ensuite leur ay donné la benediction nuptiale _
selon la forme de nostre Mere S[ain]te Eglise en presence _
de Charles Godin pere dud[it] Godin et de Guilleaume Boucher _
oncle Naturel dud[it] Godin et de Jacques Marette tuteur _
de ladite M[arie] Magdeleine Perron et René le tartre amy _
auSSy de lad[ite] Peron et lesd[its] Guillaume Boucher et _
Marette ont Signé les autres ayant declaré ne _
Sçavoir Signer de ce interpellez Suyvant l’ordonnance. _
Signé : guillaume boucher, Jacques marette (paraphe), chale alen, Denis cantain, ? p[rêt]re.

Après douze années passées à L’Ange-Gardien, le couple Godin-Perron envisage de s’établir dans la seigneurie de Bélair, plus précisément à la Pointe aux Écureuils[3].

Mais avant de partir, le 7 juin 1701[4], Charles Godin et Marie-Madeleine Perron vendent à Mathurin Huot une terre de six perches de largeur sur une lieue et demie de profondeur provenant de la succession de Daniel Perron dit Suire. Sur cette terre, il y a une maison, une grange et une étable. Cette vente est faite au prix de 900 livres avec huit livres de lard et deux aunes de toile blanche. Dès le lendemain, Huot donne à Godin les 900 livres en écus blancs et monnaie de carte ainsi que le lard et la toile.

Les Écureuils (anciennement Pointe aux Écureuils).  (Source : Google Earth)

Les Écureuils (anciennement Pointe aux Écureuils).
(Source : Google Earth)

C’est sur une terre et habitation de trois arpents de largeur sur quarante arpents de profondeur, acquise de Laurent Gignard, habitant de la Pointe aux Écureuils (seigneurie de Bélair)[5], que Charles et Marie-Madeleine vont poursuivre leur existence. Les 900 livres reçues de Huot serviront à payer en partie cette terre à eux vendue pour 1 000 livres (et 20 livres pour les épingles[6]). Les 100 livres restantes seront payées le 21 octobre suivant.

En 1704[7], comme ses frères et sœurs, Marie-Madeleine participe au règlement des dettes de la succession de défunte Louise Gargotin, sa mère.

Se voyant avancés en âge, ne leur permettant plus de travailler, Charles et Marie-Madeleine se donnent à leur fils Jean-Baptiste, le 20 janvier 1736[8]. Ayant besoin d’un « secours particulier » en l’état où ils se trouvent, ils veulent récompenser leur fils de l’attention particulière qu’il a eu pour eux jusqu’à présent. Pour ces raisons, ils lui donnent un arpent et demi de terre de front sur quarante arpents de profondeur, soit la moitié de celle acquise le 6 juin 1701; les parents se réservant l’autre moitié.

Dans le contrat de donation, il est mentionné que Jean-Baptiste Godin est tenu d’entretenir, loger et nourrir sa sœur Marie-Catherine et son frère Louis-Joseph « qui est en démence ». De plus, il reçoit de ses parents une jument de quatre ans avec sa carriole et attelage, une vache mère et une charrue.

Trois mois plus tard, le jour de Pâques (2 avril 1736), Marie-Madeleine meurt de « mort subite ». Elle avait eu juste le temps de se confesser et avoir communié la veille (Samedi saint). Elle est enterrée le lendemain de Pâques, à l’âge de 65 ans, dans le cimetière de Neuville.

Acte de sépulture de Marie-Madeleine Perron. Neuville. 3 avril 1670. (Source : Fonds Drouin numérisé en ligne. Microfilm 1628A0209)

Acte de sépulture de Marie-Madeleine Perron. Neuville. 3 avril 1636.
(Source : Fonds Drouin numérisé en ligne. Microfilm 1628A0209)

L’an de grace mil sept cent trente six, et le _
troisieme jour d’Avril Je sous-signé Docteur en theo _
logie et curé de neuville ai enterré dans le cime _
tiere de cette paroisse Marie Magdelaine perron _
femme de Charles gaudin morte de mort subite _
le jour precedent qui étoit le sainct jour de pâque. _
Elle s’etoit confessée et elle avoit communié le samedy _
saint.
Signé : Dumont Curé de Neuville.

Les 5 et 6 octobre suivant[9], on procède à l’inventaire des biens de la communauté de Charles Godin, veuf de Marie-Madeleine Perron. Le même jour[10], les meubles, bestiaux et autres effets énumérés dans l’inventaire sont vendus et adjugés aux enfants Godin-Perron.

La communauté Godin-Perron possédait :

  • une maison, une grange et une étable;
  • une vieille cavale;
  • une vache, une taure, une paire de bœufs de tire et deux veaux de l’année;
  • 18 poules et 30 poulets;
  • 9 cochons;
  • une vielle carriole, une charrette, une traîne;
  • 300 anguilles;
  • 455 gerbes de blé, 129 gerbes d’avoine, 18 bottes de lin, cinq charretées de pois blanc;
  • une partie de concession contenant 1 ½ arpent de front sur quarante de profondeur, sur laquelle il y a 32 arpents en valeur estimés à 50 livres l’arpent (valant 1600 livres);
  • un fusil chacun à Charles Godin et à Jean-Baptiste, son fils;
  • une couverte de poil de chien;
  • etc.

Moins de deux mois après[11], pour éviter à procès et s’entendre à l’amiable avec ses enfants concernant les affaires touchant leurs droits respectifs dans la communauté Godin-Perron, Charles Godin père leur fait cession, transport et délaissement de tous et chacun les biens meubles, immeubles et dettes actives portés dans l’inventaire. À la condition, cependant, que ses enfants lui donnent chaque année tant qu’il vivra : 24 minots de blé, 8 minots de grains, 200 anguilles, 30 livres de beurre, un cochon gras et 35 livres en argent.

Charles décède à la Pointe aux Écureuils à l’âge de 74 ans. Il est enterré dans le cimetière de la paroisse le 13 mai 1743. Il n’a pu se confesser ni recevoir le Saint-Viatique car il est tombé la veille « sans aucun sentiment ni mouvement », mais il a reçu le sacrement d’extrême onction selon la forme ordinaire.

Les 11 enfants de Charles et Marie-Madeleine assureront une descendance de 86 petits-enfants (46 hommes, 40 femmes).

Famille étendue de Charles Godin et de Marie-Madeleine Perron. (Source : Collection Guy Perron)

Famille étendue de Charles Godin et de Marie-Madeleine Perron.
(Source : Collection Guy Perron)

Le remariage de Charles Godin

Après quatre mois de veuvage, Charles Godin se remarie avec Ursule Jaladon dit Champagne, veuve de Pierre Barette. Le mariage est célébré le 28 août 1736 à L’Ange-Gardien. Il a 67 ans, elle a 36 ans. La veille, les futurs époux avaient fait rédiger leur contrat de mariage par le notaire Pierre Huot[12]. De cette union va naître un enfant, Pierre.

 


[1] Né le 25 novembre 1668 (baptisé le 28 novembre) à Château-Richer.
[2] Le notaire a omis d’écrire l’année du contrat de mariage. La date a été ajoutée en marge avec une erreur « 16 8bre 1695 » au lieu du 16 octobre 1689. BAnQ. Notaire Étienne Jacob. 16 octobre 1689. D’ailleurs, dans les titres et papiers inventoriés le 6 octobre 1737, il est écrit « Contrat de mariage Entre charles godin et magdelaine perron par Estienne Jacob notaire a beaupré le 16e octobre 1689 inventorié Et Coté D ».
[3] Cette appellation tire son origine d’une pointe de terre s’avançant dans le fleuve, couverte de chênes et de noyers et peuplée d’écureuils. Situé sur la rive nord du Saint-Laurent à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Québec et à quelques kilomètres à l’est de l’embouchure de la rivière Jacques-Cartier, cet accident géographique est nommé pour la première fois «Pointe aux Ecureuils» dans l’acte de concession de la seigneurie de Bélair à Jean-Baptiste Toupin, dit Dussault et à son fils, Jean-Baptiste, en 1672. (Source : Commission de toponymie du Québec).
[4] BAnQ. Notaire Étienne Jacob. 7 juin 1701.
[5] BAnQ. Notaire Étienne Jacob. 6 juin 1701.
[6] Ce qu’on donne à une femme, quand on fait quelque traité avec le mari.
[7] Fonds Séminaire de Québec. Série SME4. Séminaire 20, no. 8, p. 51-55. 16 juin 1704.
[8] BAnQ. Notaire Louis Pillard. 20 janvier 1736.
[9] BAnQ. Notaire Louis Pillard. 5 et 6 octobre 1736.
[10] BAnQ. Notaire Louis Pillard. 5 octobre 1736.
[11] BAnQ. Notaire Louis Pillard. 27 novembre 1736.
[12] BAnQ. Notaire Pierre Huot. 27 août 1736.

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Catégories :Famille Peron - Perron, Filles du Roy, GÉNÉALOGIE, Québec

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