Le blogue de Guy Perron

La vie de nos ancêtres à travers les documents d'archives… entre La Rochelle et les colonies…

37 – L’expédition du navire Le Noir de Hollande pour Québec et la pêche en 1664

L’envoi en 1663 de la levée de quelques 300 personnes sur les vaisseaux du roi Le Jardin de Hollande et L’Aigle d’Or s’étant à peu près soldé par un échec, « dû principalement à l’incompétence des officiers du Roi qui n’avaient pas procédé judicieusement au choix des candidats pour la Nouvelle-France » écrit La Berge, Louis XIV se tourna de nouveau du côté des marchands de Rouen « dont la compétence était reconnue », ajoute-t-il, et leur demanda de s’occuper du passage d’une recrue de 300 hommes de travail pour 1664[1].

expédition_blogueUn mémoire est rédigé à cet effet concernant les secours « qu’il plaît au roi de donner au Canada » pour l’année 1664. L’auteur du mémoire proposait ainsi de lever les hommes en Normandie où l’on pourrait embarquer des Normands, Picards, Percherons et des gens de la région de Paris qui sont laborieux et industrieux. Le mémoire insistait qu’on ne les recrute pas à La Rochelle « où les gens n’ont pas de religion »[2]. Le départ devrait se faire le 12 avril 1664 afin que les engagés soient à Québec pour les travaux d’été. Autre consigne du mémoire : l’un des navires pourrait partir de Dieppe et l’autre de La Rochelle afin de créer de l’émulation entre les armateurs.

Trois des quatre associés de la Compagnie de Normandie, explique Robert Larin[3], les marchands Lebreton, Bulteau, Guenet auxquels s’ajoutèrent leurs confrères Duhamel et Michel, s’engagèrent à lever et faire passer ces 300 hommes au coût de 45 000 livres, soit 60 livres pour le passage de chaque homme, 30 livres d’avances et 5 livres pour leur nourriture en attendant l’embarquement. Les marchands avaient l’obligation de conserver le reste de la somme, soit 16 500 livres, à l’achat de denrées et de marchandises[4].

Le recrutement pour le Canada n’étant pas chose facile, les marchands normands se crurent justifiés d’aller bien au-delà du désir du Roi (que les transporteurs soient affrétés à La Rochelle et à Dieppe) en s’associant avec des marchands rochelais qui eux, en dépit de la consigne royale, complétèrent les effectifs en recrutant dans cette région, précise Larin[5].

Les préparatifs

Charte-partie de Thomas Cornelis à Gédéon Théroulde et Pierre Fillye. 1664. (Source : AD17. Greffe Abel Cherbonnier. 3 E 308. Liasse)

Charte-partie de Thomas Cornelis à Gédéon Théroulde et Pierre Fillye. 1664.
(Source : AD17. Notaire Abel Cherbonnier. Liasse 3 E 308)

À La Rochelle, le 14 février, dans l’étude du notaire Abel Cherbonnier[6], rue Château-Gaillard, on procède à l’affrètement du navire Le Noir, 200 tonneaux, de Schermerhorn, proche d’Amsterdam. Bosseman, maître et commandant, Thomas Cornelis loue et affrète son navire à Gédéon Théroulde, marchand de La Rochelle, et Pierre Fillye, marchand de Dieppe, faisant « pour messieurs Jacques Bulteau et compagnie, marchands de Rouen ».  Le navire est monté de huit pièces de canon, poudre, boulets et autres choses semblables.

Le navire jauge 200 tonneaux et non 100 tonneaux comme il est mentionné dans tous les imprimés et sites web que j’ai consultés sur le sujet. Dans le contrat de charte-partie[7], les mots « cent quatre vingtz » ont été biffés et remplacés par « deux cens » tonneaux :

Autre précision à apporter : Pierre Fillye et Charles Aubert ne sont pas les propriétaires du navire.

Le maître Cornelis rendra son navire prêt à prendre des marchandises et les passagers au bon vouloir de Théroulde et Fillye dès la fin du mois de février, soit à Brouage ou autres lieux près de La Rochelle qui lui seront indiqués. Ces derniers promettent de faire voile des rades de La Rochelle vers le 5 ou 6 avril, ou plutôt, pour aller à Québec y décharger les marchandises et passagers et recevoir les pelleteries et marchandises que Fillye voudra y faire charger pour le retour. Dès le premier temps convenable, le navire partira de Québec pour faire la pêche des morues sur la grande baie et de là, retourner à Dieppe où il aura quinze jours pour y décharger ses marchandises et morues.

L’affrètement du navire Le Noir est fait pour la somme de 850 livres par mois, assuré pour six mois. De plus, Théroulde et Fillye accordent 100 livres à Cornelis pour son chapeau et pot de vin !

Juste avant de quitter La Rochelle, le 5 avril, Pierre Fillye, tant pour lui que pour Charles Aubert de La Chesnaye, marchand à Québec, où il y va comme marchand et commandant le navire Le Noir, reconnaît avoir reçu la somme de 2 000 livres de Claude Gueston[8], conseiller du roi et trésorier de la généralité de Caen, à 23 % de profit (intérêt)[9]. Comme Gueston est absent (il demeure à Paris), c’est le marchand rochelais Antoine Allaire qui lui remet la somme qui servira en marchandises et cargaison du navire pour porter à Québec où il y séjournera seulement pour la décharge d’une partie de ses marchandises pour ensuite s’en aller à la pêcherie des morues. À noter qu’Antoine Allaire est le gendre de Gédéon Théroulde[10] !

Cependant, Gueston courra les mêmes risques de cette somme pour le retour de Québec sur les marchandises qui y seront chargées sur le navire L’Ange Blanc de Flessingue (250 tx) dont est maître André Chaviteau, des îles des Saintonge. S’il arrivait disgrâce à L’Ange Blanc, Fillye et Aubert seront tenus de charger les marchandises dans le navire Le [Saint-]Jean-Baptiste (350 tx), de Dieppe, commandé par le capitaine Lemoyne, aussi de Dieppe, « qui se charge et équipe en Normandie pour aller audit Québec et doit faire son retour audit Dieppe ».

Pour l’occasion, le marchand dieppois Pierre Fillye a élu son domicile au logis où pend l’enseigne Sainte-Marguerite, situé rue du Minage à La Rochelle.

Le départ

La flotte de 1664 pour Québec est composée de trois navires dont deux partent de La Rochelle et l’autre de Dieppe. Ces trois navires amènent les 300 engagés[11] :

  • L’Ange Blanc (180 tx), de La Rochelle : 100 hommes[12];
  • Le Noir de Hollande (200 tx), de Dieppe, puis La Rochelle : 50 hommes;
  • Le Saint-Jean-Baptiste (300 tx), de Dieppe : 150 hommes[13].
Caractéristiques des navires composant la flotte de 1664 à destination de Québec (Source : Collection Guy Perron)

Caractéristiques des navires composant la flotte de 1664 à destination de Québec.
(Source : Collection Guy Perron)

Armé de 8 pièces de canon, 500 livres de poudre et 200 boulets, le navire Le Noir de Hollande, commandé par Pierre Fillye, de Dieppe, est fin prêt pour aller à Québec et la pêche ! La liste des hommes de l’équipage et des passagers est conservée dans le Fonds Amirauté de La Rochelle, aux Archives départementales de la Charente-Maritime, sous la cote B5665, folios 172 et 173r (anciennement pièce 110).

Liste des hommes de l’équipage et des passagers du navire Le Noir de Hollande pour aller à Québec et la pêche (sans date). (Source : AD17. Fonds Amirauté de La Rochelle. Documents du greffe. B5665, fol. 172 et 173r)

Liste des hommes de l’équipage et des passagers du navire Le Noir de Hollande pour aller à Québec et la pêche (sans date).
(Source : AD17. Fonds Amirauté de La Rochelle. Documents du greffe. B5665, fol. 172 et 173r)

Membres de l’équipage
Nom, prénom Occupation Origine
FILLYE, Pierre maître Dieppe
DROUNAULT, Jean pilote Dieppe
LEJU, Nicolas contremaître Dieppe
PLE, Nicolas canonnier Dieppe
ADAN, Nicolas chirurgien Dieppe
MARE, Nicolas Saint-Valéry-en-Caux
SIMON, Jean Saint-Valéry-en-Caux
LAUSON, Jean Saint-Valéry-en-Caux
CANARD, Jean Saint-Valéry-en-Caux
CATHERT, Jean Saint-Valéry-en-Caux
DE LETTRE, Laurent Saint-Valéry-en-Caux
LE JEUNE, Nicolas Saint-Valéry-en-Caux
DE LAMARE, Jean Saint-Valéry-en-Caux
TOUCTEL, Nicolas Saint-Valéry-en-Caux
FROMENTIN, Pierre Dieppe
FROMENTIN, Nicolas Dieppe
CORDIER, André Dieppe
DE LETTRE, Jean Dieppe
LESTOUPIN, Michel charpentier Dieppe
COLLIVAUX, Jean Dieppe
LEMONCHE, Blesse cuisinier
FOUBER, Jacques Dieppe
FOUBER, Anthoine Dieppe
LECLERC, Michel Dieppe
PLÉ, François Dieppe
GAULLETTE, Jacques Dieppe
ALIX, Michel Dieppe
BOIVIN, Gitton calfateur
LANDUÉ, Jean Saint-Valéry-en-Caux
GAUSLAIN, Nicolas Saint-Valéry-en-Caux
Liste des passagers
Nom, prénom Origine
GRIS, Jean Nerpon (?), pays nantais
PAJAU, Anthoine Ruffec (Poitou)
BRUNET, Jouachin La Rochelle
CARDIN, Mathelin Sainte-Souline (Poitou)
BLET, Pierre Chef-Boutonne (Deux-Sèvres)
DU BOYS, Jacques Nieul (Poitou)
BUTAIN, Marc Paris
GILLORS, Simon Blois
MOREAU, Mathurin Champdeniers (Poitou)
GERNY, Jacques L’Aiguillon
AUDIGÉ, Pierre
MARCHAND, François
HOUDAN dit LA TAILLE, Pierre Lisieux
HILLERET, François Marans
PELTIER, René Marans
DERME, Simon La Rochelle
BOUÉ, Nicolas Le-Poiré-sur-Velluire
GILOCHE, Anthoine Le-Gué-de-Velluire
FRETTÉ, Jean Le-Gué-de-Velluire
CAILLAU, Pierre Le-Gué-de-Velluire
FOURNIER, Pierre Aigre (Poitou)
FOURMENT, Jean Monemdy (Picardie) ?
DE LA HAYE, Louis Loudun
AUTON, Antoine Angoumois
POLLICAIN, Jean Loumaria (Bretagne)
RIVEAU, Pierre Ruelle (Angoumois)
FOURNIER, Nicolas Marans
TAPIN, Antoine Le-Poiré-sur-Velluire
GOUTRON, André La Rochelle
CORNIVEAU, Matelin Fontenay
BAUDET, Jean Blanche (Poitou)
BERTRAN, Jean Aubenas
PLAIGNOL, Jean Aubenas
BOA, François Villefagnan
ROY, Jean Lagny
ROBERT, Jean Lagny
GROULOT, Pierre
BAUDRY, Toussaint Lagny
BENART, Jeanne Paris
BAILLIÉ, Jean Île-de-Ré
BAUDOUIN, Jacques
GEOFFROY, Nicolas Île-de-Ré
PAROT, Pierre Île-de-Ré
BRISSON, René La Rochelle
BALTART, François Jaume (Poitou)
MAIGNARD, Jacques La Rochelle
BOUESMÉ, Jean Poitiers
JOUCHON, René Poitiers
CAMPAGNAT, Mathias La Rochelle
CAMPAGNAT, Pierre La Rochelle
COMBAULT, Charles Saint-Jean-d’Angély

Le navire Le Noir de Hollande porte à son bord 30 hommes d’équipage, 51 recrues (50 hommes et 1 femme) et des passagers connus (le père Louis Nicolas et Jeanne Mance[14]). Il arrive à Québec le 25 mai après une traversée de sept semaines. Le navire transporte 10 barriques d’eau de vie, 400 petites haches et 6 brebis.

Laissons Lionel La Berge nous décrire les événements à la suite de l’arrivée du navire Le Noir de Hollande à Québec :

« Un arrêt du Conseil souverain rendu le lendemain de l’arrivée du vaisseau ordonne que, des 50 hommes arrivés sur Le Noir de Hollande et des 250 autres qui doivent arriver incessamment, les deux tiers seraient distribués à Québec et côtes des environs, et l’autre tiers aux Trois-Rivières, Cap-de-la-Madeleine et Montréal. Le Conseil ordonna aux habitants, détenteurs d’un billet leur permettant de recevoir des hommes, de payer comptant la somme de 35 livres, sauf à se rembourser sur les gages futurs des hommes. Afin de permettre aux habitants de trouver les sommes nécessaires au paiement des avances, les nouveaux arrivants devaient être nourris dans le vaisseau pendant trois jours à dix sols par jour aux dépens de leurs futurs maîtres. Le délai expiré, on pouvait les distribuer à ceux qui les demanderaient et rembourseraient les avances et les dépenses pour la nourriture. On confie à Charles Aubert le soin de la distribution des hommes et de la recette des 35 livres avec l’obligation d’en rendre compte au Conseil. Après avoir pourvu au débarquement et à la distribution des hommes, le Conseil nomma le lendemain, 28 mai 1664, Jean Juchereau de la Ferté pour voir au débarquement des marchandises et denrées du vaisseau et de les mettre dans le magasin. On évaluait à 26 838 livres 16 sols la valeur des marchandises que le Roi avait envoyées en 1664 en Nouvelle-France, sans y comprendre les armes et munitions de guerre[15] ».

Précisons que le navire Le Noir de Hollande est frété avant tout pour la pêche et qu’il ne serait pas venu à Québec n’eut été des 51 recrues ! Déjà, le 29 avril, le sieur de la Martinière allait à Gaspé dans la barque de Charles Aubert[16].

Par un arrêt du 10 juin[17], le Conseil Souverain ordonne à tous les marchands de déclarer, dans les huit prochains jours, la qualité et la quantité (avec le prix coûtant), tant des marchandises qui leur restent des années précédentes que de celles qu’ils auront reçues cette année sous peine, aux contrevenants, de confiscation des marchandises qu’ils auront soustraites et à l’amende.

Défense leur est faite aussi, sur même peine, de vendre ni débiter aucunes marchandises sans avoir satisfait à l’arrêt, c’est-à-dire dès la réception du certificat du sieur de la Ferté, commis à cet effet. C’est ainsi que le 18 juin, Pierre Fillye obtient son certificat pour « la délivrance qu’il a faite desdits passagers et marchandises ».

Certificat de délivrance[18]

J’ay greSfier du Cons[ei]l Souverain  estably par Sa Ma[jes] a Quebecq soussigné En execution de l’ordonnance de Messieurs du[it] Con[sei]l CertiSfie que le s[ieu]r fillye a bien deSlivré cinquante hommes et une fille qui ont esté distribüez aux habitans suivant l’ordonnance dud[it] Con[sei]l, Et en outre mis ez mains de Monsieur de la ferté Con[seill]er Commiss[ai]re a cet eSfet dix barriques d’Eau de vye Et quatre Cent petites haches Et deSlivrees a l’ordre du Con[sei]l six brebis dont il sera compté cy aprez, deslivré le present certisficat avec lad[ite] ordonnance pour servir et valoir aud[it] fillye ainsi que de raison, faict led[it] Jour 18e Juin xvic soix[an]te quatre.

Filles du Roy

Selon Irène Belleau[19], parmi les passagers, on retrouve de futurs époux de Filles du Roy : Jean Beaudet qui épousera en 1670 Marie Grandin (arrivée en 1670); Pierre Blais qui épousera en 1669 Anne Perrot (arrivée en 1669); Jean Boesmé qui épousera en 1667 Marie Hué (arrivée en 1667); Mathias Campagna qui épousera en 1667 Suzanne Aubineau (arrivée en 1666); Pierre Riveau qui épousera en 1667 Marie Quéquejeu (arrivée en 1667).

Le retour

Le Noir de Hollande est d’ailleurs le premier navire à quitter Québec pour aller faire la pêche à Gaspé, le 22 juin, en emportant les premières lettres vers la France. Le maître Fillye ne repartit de Québec que le 25 juillet suivant avec sa barque pour aller rejoindre son navire[20].

Dans deux lettres datées du 18 juin 1664, le Conseil souverain fait savoir à Louis XIV et à son ministre Colbert leur satisfaction qu’ils aient décidé de confier aux marchands, en 1664, le soin de faire passer des hommes de travail en Nouvelle-France (plutôt qu’aux vaisseaux et officiers du Roi comme en 1663). Déjà, à cette date, la distribution des 50 hommes était complétée : ils étaient tous prêts à travailler en mettant pied à terre[21].

À l’automne 1664, à Paris, Claude Gueston constitue Antoine Allaire pour son procureur[22]. En son nom, il lui donne pouvoir de recevoir les 2 000 livres prêtée à Pierre Fillye le 5 avril auparavant. Ce dernier obtient quittance le 17 avril 1665[23].

 


[1] Lionel La Berge, Rouen et le commerce du Canada de 1650 à 1670, L’Ange-Gardien, Éditions Bois-Lotinville, 1972, p. 105.
[2] Robert Larin, « Engagé pour le Canada à Dieppe » dans L’Ancêtre, Société de généalogie de Québec, vol. 25, nos 5 et 6, février-mars 1999, p. 163-172.
[3] Robert Larin, Loc. cit.
[4] Lionel La Berge, op. cit., p. 105.
[5] Robert Larin, Loc. cit.
[6] AD17. Notaire Abel Cherbonnier. Liasse 3 E 308.
[7] Une charte-partie est un acte constituant un contrat conclu de gré à gré entre un fréteur et un affréteur, dans lequel le fréteur met à disposition de l’affréteur un  navire. Le nom vient de ce que le document était établi en deux exemplaires que l’on découpait par le milieu pour en remettre deux moitiés à chaque partie. Mémoire d’un port. La Rochelle et l’Atlantique XVIe-XIXe siècle. Musée du Nouveau Monde, La Rochelle, 1985, p. 25.
[8] Conseiller du roi et trésorier de France à Caen, Claude Gueston est directeur de la Compagnie des Indes Orientales. Il fut anobli en 1662. La noblesse ancienne et moderne de la Touraine dans Mémoires de la Société archéologique de Touraine, Tours, volume 10, 1858, p. 216.
[9] Voir note 6.
[10] Antoine Allaire épouse Jeanne Théroulde le 12 février 1651 dans le Temple de la Villeneuve à La Rochelle. Elle est fille de Gédéon Théroulde et d’Anne Guinobert.
[11] De ce nombre, « il mourut bien cent personnes du débarquement », selon Mère Marie de l’Incarnation. Trudel, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France, tome IV, La seigneurie de la Compagnie des Indes occidentales 1663-1674, Montréal, Éditions Fides, 1997, p. 58.
[12] Le 2 février 1664, le marchand rochelais Pierre Gaigneur affréta L’Ange Blanc. Robert Larin, op. cit.
[13] Une grande partie de ces travailleurs provenaient de Normandie, du nord de la France et de la région parisienne, comme le voulait le Mémoire.
[14] Abbés Laverdière et Casgrain, Le journal des Jésuites, Québec, Léger Brousseau éditeur, 1871, p. 326.
[15] Lionel La Berge, op. cit., p. 105-106.
[16] Abbés Laverdière et Casgrain, op. cit, p. 326.
[17] Jugements et délibérations du Conseil Souverain de la Nouvelle-France, Québec, A. Côté et Cie, vol. 1, 1885, p. 193-194.
[18] Id., p. 208.
[19] Irène Belleau, Filles du Roy en 1664 – caractéristiques du contingent.
[20] Abbés Laverdière et Casgrain, Ibid., p. 327.
[21] Lionel La Berge, op. cit., p. 107.
[22] Une copie de la procuration passée devant le notaire parisien Moulle, datée du 5 novembre 1664, est annexée à l’obligation du 5 avril 1664 (voir note 6).
[23] Voir note 6.

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Catégories :Canada, Expéditions de navires, Filles du Roy, France, HISTOIRE, La Rochelle, Nouvelle-France, Québec

16 réponses

  1. Très intéressant, tous ces liens que vous faites parmi tous les documents, c’est un travail de moine, bravo! 😉

    Dans votre paragraphe « Filles du Roy », vous mentionnez des passagers qui sont de futurs époux de Filles du Roy. Vous pouvez y ajouter celui-ci:

    Jacques Beaudoin.
    Fils de Solon Beaudoin Sieur des Marattes et Anne Gaultreau.
    Originaire de Saint-Martin-de-Ré, sur l’île de Ré, au large de La Rochelle, en France.
    Arrivé sur le bateau le Noir de Hollande en 1664, en tant qu’engagé. C’est le pionnier Beaudoin qui a la plus nombreuse descendance au Québec. Comme ses parents, il était protestant. En Nouvelle-France, il s’est converti au christianisme et s’est marié à une Fille du Roi, Françoise Durand.

    Dans la Liste des passagers, vous pouvez ajouter son origine: l’île de Ré, au large de La Rochelle.

    Voici un album qui lui est consacré.

    Album sur Jacques Beaudoin, et sa descendance.Il est le 3e Beaudoin arrivé en Nouvelle-France. Fils de Solon Beaudoin…

    Posted by Généalogie Beaudoin Baudoin Baudouin on Tuesday, March 4, 2014

    Merci pour votre immense contribution généalogique!
    Cordialement,
    Isabelle

    • Mme Beaudoin, j’ai ajouté Jacques Baudouin et Françoise Durand au paragraphie « Filles du Roy ». Je vous remercie de votre suggestion.

      • Bonjour,

        Selon mes recherches Françoise Durand n’était pas « Fille du Roi » même si on nous la présente souvent comme tel.

        Voici ce que j’ai écris dans le récit de l’histoire de mes ancêtres:

         » Que savons-nous au juste sur cette fameuse Françoise Durand future épouse de notre Jacques (1) ? En fait, peu de chose. Les ouvrages généalogiques sont plus volubiles pour les hommes que pour les femmes dans ce domaine, probablement parce que ce sont ces derniers qui transmettent le nom de famille d’une génération à l’autre.

        Nous savons que Françoise est née vers 1650. Elle est originaire de Notre Dame de Bracquemont, arrondissement de Dieppe, archevêché de Rouen en Normandie. Les ouvrages généalogiques nous l’ont présentée habituellement comme une fille du Roi ce que nous contestons. Mais commençons par le début.

        Dans son livre intitulé, Fille de joie ou fille du Roi, (9) Gustave Lanctôt nous parle ainsi de Françoise Durand :

        «… En 1684, un habitant de Lauzon, Gabriel Samson se plaint à l’intendant M. de Meulles, que depuis longtemps le nommé Lafleur et sa femme font courir le bruit que sa femme à lui, (celle de Samson) sa soeur et sa mère ont été des personnes de joie (…) Que valent ces dénégations (…) ? Quant à la note qui cherche à prouver l’envoi de femme publique dans la colonie, par le fait qu’un individu a traité de une mère et ses deux filles, c’est un argument inapplicable, puisqu’il s’agit d’une calomnie reconnue telle par un document authentique. Voici d’ailleurs, les faits en cause. Dans l’été 1684, Jean Chauveau dit Lafleur répandait «… le bruit que la femme du dit Samson, sa soeur et leur mère sont et ont été des personnes de joie…» Indigné, Samson présenta requête le 2 août à l’intendant de Meulles, qui fit signifier aux parties de se présenter devant lui. Sachant ce qui l’attendait, Lafleur s’empressa de se rendre chez le notaire Gilles Rageot de Québec, et déclara, devant deux témoins, «… n’avoir aucune connaissance de ce qui est allégué contre lui, que s’il a été dit quelque chose mal à propos contre les sus-nommées, il lui en demande excuse, les reconnaissant pour gens de bien et d’honneur…» Après cette confession échappatoire de sa calomnie, le coupable convient de solder les frais de la requête et de la signification, se chiffrant à trente-deux sous…»

        Pour compléter le dossier, il faut ajouter que Lafleur qui se gâtait de boisson s’était déjà vue condamné «…pour ivrognerie…». Quant aux trois personnages qu’il avait diffamés, voici. La femme de Samson, Françoise Durand, débarquait au pays en 1663, âgée de six ans et à l’âge de douze, épousait en 1669, Samson, dont elle eut neuf enfants. Sa sœur, Jeanne, avait huit ans à l’arrivée et cinq ans plus tard, à treize ans, se mariait à Louis Bégin, à qui elle donna dix rejetons. Quant à la mère, de Quimper-Corentin en Bretagne, elle ne vint jamais au Canada. Il fallait que Lafleur, déjà»… vertement tancé…» à ce sujet, fut une fière canaille ou un profond ivrogne pour accuser d’inconduite deux braves fillettes devenues de prolifiques mères de famille !… « p.132-134. (9).

        Donc, il y a bien eu une certaine Françoise Durand fille du Roi. Mais il ne s’agit pas ici de la même personne puisque celle-ci s’est mariée avec un certain Samson. De toute façon il n’existe pas de liste des filles du Roi pouvant prouver que notre Françoise Durand en faisait partie. Par contre, nous avons de sérieux indices pour appuyer notre conviction qu’elle n’en était pas une. Les voici :

        1) Les Filles du Roi recevaient une dot du Roi habituellement évaluée à 50 livres. Cette dote était inscrite au contact de mariage de celles-ci. Or il n’y a rien de tel dans le contrat de mariage de Françoise et Jacques (1).

        2) Les Filles du Roi étaient prises en charge dès leur arrivée, par une marraine qui devait les surveiller et voir à leur besoin; et ce, jusqu’au mariage de ces dernières. Par ce fait, elle était présente comme témoin à la signature du contrat de mariage des jeunes filles sous sa responsabilité. Nous avons vérifié l’origine des témoins au mariage de Françoise Durand qui sont des oncles, tantes, voisins ou voisines. Il n’y a aucun nom qui pourrait être celui d’une quelconque marraine.

        3) Les Filles du Roi viennent en général de Paris où elles ont fini par aboutir pour diverses raisons et elles déclarent à ce moment-là venir de Paris. Ce qui n’est pas le cas de Françoise

        4) Les Filles du Roi se mariaient peu de temps après leur arrivée en Nouvelle-France. À ce sujet, Marie de l’Incarnation écrit : «…Les vaisseaux ne sont pas plutôt arrivés que les jeunes hommes y vont chercher des femmes et, dans le grand nombre des uns et des autres on les marie par trentaine…» p.179 (6). Effectivement les filles du Roi étaient en très grande demande, car il y avait au pays beaucoup de célibataires mâles et très peu de jeunes filles libres. Quant à Françoise, on sait qu’elle se marie en mars 1671. Nous savons également qu’à cause de l’hiver les premiers bateaux qui arrivaient au pays ne pouvaient le faire avant le mois de mai. Françoise n’est donc pas arrivée en 1671 comme certains le prétendent, mais elle serait plutôt arrivée en 1670, soit au printemps, à l’été ou à l’automne précédant son mariage. Si elle avait été fille du Roi elle se serait probablement mariée en cette année 1670.

        Pour toutes ces raisons mises ensemble, il semble impossible que Françoise Durand fût une Fille du Roi. Nous savons donc ce que Françoise n’était pas, mais ceci ne nous dit pas qui elle était. Soyez patient et vous saurez tout sur la future. Nous savons qu’avant l’arrivée de Françoise en ce pays, deux de ses oncles maternels y habitaient déjà. Il s’agit de David et Jacques Asselin (orthographié Acelin).Ces derniers furent parmi les témoins à signer au contrat de mariage de Jacques et Françoise le 24 mars 1671. En regardant de plus près le cheminement de David Asselin nous avons émis une hypothèse qui a semblé fort plausible aux experts auquel nous l’avons soumise.

        David Asselin

        David Asselin est né vers 1625 puisque le registre de sa sépulture déclare qu’il avait à son décès, survenu le 5 décembre 1687, 62 ans. Il est originaire, tout comme Françoise, de Bracquemeont en Normandie. David était le frère de la mère de Françoise; Noëlle Asselin. Il se marie une première fois en 1655 avec Catherine Baudort qui lui donne un fils prénommé Pierre, né vers 1659. Ce n’est que quelques années plus tard qu’il part pour la Nouvelle-France, laissant derrière lui femme et enfant en pensant probablement comme la coutume de l’époque, faire en sorte que ces derniers le rejoignent une fois bien établi.

        En 1666 il est propriétaire d’une terre située dans la paroisse de Sainte – Famille à l’île d’Orléans. Au recensement de 1667, il vit seul sur sa propriété. En 1669 il est veuf car on le retrouve à Dieppe en France, où il épouse en secondes noces le 20 avril 1670, une certaine Marie Houdan. Noël Durand, frère de Françoise Durand, est présent au mariage. Probablement que Françoise y était également.

        À cette époque Françoise est orpheline. Nous croyons donc que son oncle David a alors proposé à Françoise de venir avec lui en Nouvelle-France. C’est en 1670 que David fait ce voyage de retour et nous croyons que c’est également à cette date que Françoise est arrivée. Orpheline, elle a probablement décidé de vivre auprès de sa famille en Nouvelle-France. Surtout qu’elle savait qu’elle pourrait trouver ici un bon parti bien établi. Tout ce beau monde, Marie, David, son fils Pierre (11 ans) et sa nièce Françoise, ont probablement fait la traversée soit à l’été ou plus probablement à l’automne 1670. À son arrivée, Françoise serait demeurée chez son oncle David jusqu’à son mariage avec Jacques (1). D’ailleurs c’est dans la maison de David Asselin que sera signé le contrat de mariage de notre petit couple. Françoise devait également se sentir proche de son autre oncle, Jacques Asselin car celui-ci signe également comme témoin le même contrat de mariage. »

        Quand pensez-vous?

        Réal Beaudoin

      • Bonjour M. Beaudoin,

        J’aime bien votre hypothèse.

        N’étant pas un spécialiste des « Filles du Roy », il ne faut pas généraliser leur statut :
        – La dot du Roi de 50 livres a été versée dans de rares cas;
        – Leur prise en charge par une marraine (s’il y a lieu) et la présence de cette marraine à la signature du contrat de mariage a eu lieu dans de rares cas;
        – les Filles du Roy ne venaient pas seulement de Paris;
        – etc.

        Comme il n’y a pas de liste officielle des Filles du Roy, les spécialistes ont tendance à inclure toute femme dont c’est la première mention au pays, lors de son mariage (ex. 1671), serait arrivée l’été ou l’automne précédant la date de ce mariage (1670).

        Il faudrait faire l’historique de la venue de chacune des femmes que l’on prétend être des Filles du Roy, comme vous l’avez fait avec Françoise Durand, épouse de Jacques Beaudoin.

        Je vous suggère de soumettre votre hypothèse à Mme Mona Andrée Rainville, une spécialiste des Filles du Roy, pour connaître son avis.

        P.S. J’ai retiré la mention de Françoise Durand dans le paragraphe sur les Filles du Roy.

      • Bonsoir,

        Merci pour votre réponse.

        Comme de raison je n’ai pas de preuve formelle de ce que j’avance. Ce n’est qu’une hypothèse avec preuves indirectes.

        Le but de mon intervention n’était pas de vous faire retirer la mention Fille du Roy. Chacun a le droit à son opinion.

        Comment puis-je contacter Mme Rainville?

        Merci aussi pour les nombreux renseignements contenus dans votre bloque. J’ai apprécié les informations concernant les protestants en France et entre autres, sur le Temple de la Villeneuve de La Rochelle là où a été baptisé Jacques Baudouin en 1645.

        Et aussi pour l’histoire des Perron qui recoupe celle d’une amie; Lucille Perron.

        Réal Beaudoin

  2. Bonjour à nouveau!
    Auriez-vous des images à proposer pour montrer de quoi avait l’air un navire comme Le Noir de Hollande? Existe-t-il des photos de reconstitutions ou des peintures qui l’illustrent? Combien de mâts et de ponts? Pourait-on dire qu’il s’agit de flûte, comme décrit dans cet article? http://fr.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%BBte_%28bateau%29
    Merci infiniment!
    Isabelle

  3. Le Noir de Hollande est en effet une flûte de type Hollandaise de 180/200Tx
    Merci pour tous les renseignements complémentaires donnés à ce sujet.
    Concernant Le St Jean Baptiste de 1664, vous mettez comme armateur la compagnie des Indes.
    Cette dernière n’a été créée que le 27/08/1664 et ratifié en parlement le 1er septembre 1664.
    Merci pour la sujétion du volume sur les types de navires de 1679.
    J’ ai commencé un travail sur les types de navires sous Louis XIV, visible sur notre site, ce livre devrai peut être m’ aider à le compléter.
    Je possède par contre des extraits des Albums de Colbert et Jouve

  4. Bonjour
    Concernant les Filles à Marier et les Filles du Roi, ce sont deux périodes différentes de 1634 à 1662 pour les premières et de 1663 à 1673 pour les secondes.
    Les premières étaient parrainées par des personnalités telle que Marguerite Bourgeois, Jeanne Mance et d’autres. Elles étaient soutenues par un groupement de Femme de la noblesse aisée qui recrutaient et fournissaient l’ argent nécessaires au voyage et début d’ installation.

    Pour les secondes, le Roi payait le voyage et offrait une dot de 50 livres tournois lors de leur mariage.
    Sur plus de 700 filles envoyées, il y en avait de la petite noblesse qui possédaient déjà des dotes personnelles. Ce n’ était pas toutes des orphelines loin de là. Et s’il y a eu de très rare filles de joie, elles étaient très vite remis dans le droit chemin, par les pères jésuites.

    Durant la période de Jean Talon Intendant de la nouvelle-France, c’est ce dernier qui remettait ou faisait remettre la dot de 50 livres tournois lors du mariage.

    Pour de plus amples détails, je vous suggère, la page suivante: http://www.migrations.fr/700fillesroy.htm

    • Bonjour,

      Merci pour ces informations et surtout pour cette référence ou on mentionne que Françoise Durand qui a épousé Jacques Baudouin, est arrivé sur le Navire nommé La Nouvelle France et ce le 31 juillet 1670 a titre de fille du Roi. Malgré mes nombreuse recherches (dans les année 90) je n’avais pas trouvé pareil document.
      Merci
      Réal Beaudoin

  5. Bonjour,

    Je suis impressionné de la qualité de votre documentation concernant le Noir de Hollande. Particulièrement vos recherches sur le propriétaire véritable du navire et son tonnage.

    En lisant le texte je m’interroge sur le sens du mot « maître ». Que signifie ce mot dans ce contexte ?
    Capitaine du navire?

    Pierre Frigon

    • Bonjour,
      En théorie, le nom de capitaine s’applique à l’officier commandant un navire du roi et celui de maître au commandant d’un navire marchand. Dans la pratique, on appelle capitaine tout commandant d’un navire marchand pour un voyage au long cours; la qualité de maître est réservée à celui qui fait le cabotage sur les côtes d’Atlantique.

      Dans les documents d’époque, l’un et l’autre terme semble être synonyme.

      • Bonjour,
        Un lecteur du blogue m’informe avoir publié un ouvrage sur Moïse-Jacques Beaudoin. Peut-être que cela pourrait vous intéresser. Voici le lien : https://sites.google.com/site/ouvragebeaudoin/

      • Bonjour,
        Merci infiniment pour cette référence que je vais me procurer a l’instant.
        Cet ouvrage me semble très intéressant et complémentaire aux livres que j’ai écrits sur une centaine de descendants de ce même Jacques Baudouin, surtout à travers les écrits officiels concernant ces Baudouin/Beaudoin.
        « Des Baudoüin, je me souviens », tome 1, 2010.
        « Des Baudoüin, je me souviens », tome 2, 2010.

        Et si cela pouvait intéresser vos lecteurs; j’ai également fait un travail semblable et j’ai publié, quelques années plus tard,  » L’histoire des Dansereau », 2010. concernant plusieurs Dansereau descendant de Pierre Dansereau. De plus j’ai accumulé une banque de descendants, de ce même Pierre Dansereau, contenant des milliers d’individus.

        Finalement j’ai terminé, depuis quelque temps, un ouvrage sur les descendants de Guillaume Renaud intitulé Les Renaud, 2016.

        Présentement je travaille sur des descendants du pionnier André Bergeron.

        Merci encore pour ce blogue des plus intéressants.

        Réal Beaudoin

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