16 commentaires sur “37 – L’expédition du navire Le Noir de Hollande pour Québec et la pêche en 1664

  1. Très intéressant, tous ces liens que vous faites parmi tous les documents, c’est un travail de moine, bravo!😉

    Dans votre paragraphe « Filles du Roy », vous mentionnez des passagers qui sont de futurs époux de Filles du Roy. Vous pouvez y ajouter celui-ci:

    Jacques Beaudoin.
    Fils de Solon Beaudoin Sieur des Marattes et Anne Gaultreau.
    Originaire de Saint-Martin-de-Ré, sur l’île de Ré, au large de La Rochelle, en France.
    Arrivé sur le bateau le Noir de Hollande en 1664, en tant qu’engagé. C’est le pionnier Beaudoin qui a la plus nombreuse descendance au Québec. Comme ses parents, il était protestant. En Nouvelle-France, il s’est converti au christianisme et s’est marié à une Fille du Roi, Françoise Durand.

    Dans la Liste des passagers, vous pouvez ajouter son origine: l’île de Ré, au large de La Rochelle.

    Voici un album qui lui est consacré.
    https://www.facebook.com/media/set/?set=a.627065600675807.1073741837.528778390504529

    Merci pour votre immense contribution généalogique!
    Cordialement,
    Isabelle

      • Bonjour,

        Selon mes recherches Françoise Durand n’était pas « Fille du Roi » même si on nous la présente souvent comme tel.

        Voici ce que j’ai écris dans le récit de l’histoire de mes ancêtres:

         » Que savons-nous au juste sur cette fameuse Françoise Durand future épouse de notre Jacques (1) ? En fait, peu de chose. Les ouvrages généalogiques sont plus volubiles pour les hommes que pour les femmes dans ce domaine, probablement parce que ce sont ces derniers qui transmettent le nom de famille d’une génération à l’autre.

        Nous savons que Françoise est née vers 1650. Elle est originaire de Notre Dame de Bracquemont, arrondissement de Dieppe, archevêché de Rouen en Normandie. Les ouvrages généalogiques nous l’ont présentée habituellement comme une fille du Roi ce que nous contestons. Mais commençons par le début.

        Dans son livre intitulé, Fille de joie ou fille du Roi, (9) Gustave Lanctôt nous parle ainsi de Françoise Durand :

        «… En 1684, un habitant de Lauzon, Gabriel Samson se plaint à l’intendant M. de Meulles, que depuis longtemps le nommé Lafleur et sa femme font courir le bruit que sa femme à lui, (celle de Samson) sa soeur et sa mère ont été des personnes de joie (…) Que valent ces dénégations (…) ? Quant à la note qui cherche à prouver l’envoi de femme publique dans la colonie, par le fait qu’un individu a traité de une mère et ses deux filles, c’est un argument inapplicable, puisqu’il s’agit d’une calomnie reconnue telle par un document authentique. Voici d’ailleurs, les faits en cause. Dans l’été 1684, Jean Chauveau dit Lafleur répandait «… le bruit que la femme du dit Samson, sa soeur et leur mère sont et ont été des personnes de joie…» Indigné, Samson présenta requête le 2 août à l’intendant de Meulles, qui fit signifier aux parties de se présenter devant lui. Sachant ce qui l’attendait, Lafleur s’empressa de se rendre chez le notaire Gilles Rageot de Québec, et déclara, devant deux témoins, «… n’avoir aucune connaissance de ce qui est allégué contre lui, que s’il a été dit quelque chose mal à propos contre les sus-nommées, il lui en demande excuse, les reconnaissant pour gens de bien et d’honneur…» Après cette confession échappatoire de sa calomnie, le coupable convient de solder les frais de la requête et de la signification, se chiffrant à trente-deux sous…»

        Pour compléter le dossier, il faut ajouter que Lafleur qui se gâtait de boisson s’était déjà vue condamné «…pour ivrognerie…». Quant aux trois personnages qu’il avait diffamés, voici. La femme de Samson, Françoise Durand, débarquait au pays en 1663, âgée de six ans et à l’âge de douze, épousait en 1669, Samson, dont elle eut neuf enfants. Sa sœur, Jeanne, avait huit ans à l’arrivée et cinq ans plus tard, à treize ans, se mariait à Louis Bégin, à qui elle donna dix rejetons. Quant à la mère, de Quimper-Corentin en Bretagne, elle ne vint jamais au Canada. Il fallait que Lafleur, déjà»… vertement tancé…» à ce sujet, fut une fière canaille ou un profond ivrogne pour accuser d’inconduite deux braves fillettes devenues de prolifiques mères de famille !… « p.132-134. (9).

        Donc, il y a bien eu une certaine Françoise Durand fille du Roi. Mais il ne s’agit pas ici de la même personne puisque celle-ci s’est mariée avec un certain Samson. De toute façon il n’existe pas de liste des filles du Roi pouvant prouver que notre Françoise Durand en faisait partie. Par contre, nous avons de sérieux indices pour appuyer notre conviction qu’elle n’en était pas une. Les voici :

        1) Les Filles du Roi recevaient une dot du Roi habituellement évaluée à 50 livres. Cette dote était inscrite au contact de mariage de celles-ci. Or il n’y a rien de tel dans le contrat de mariage de Françoise et Jacques (1).

        2) Les Filles du Roi étaient prises en charge dès leur arrivée, par une marraine qui devait les surveiller et voir à leur besoin; et ce, jusqu’au mariage de ces dernières. Par ce fait, elle était présente comme témoin à la signature du contrat de mariage des jeunes filles sous sa responsabilité. Nous avons vérifié l’origine des témoins au mariage de Françoise Durand qui sont des oncles, tantes, voisins ou voisines. Il n’y a aucun nom qui pourrait être celui d’une quelconque marraine.

        3) Les Filles du Roi viennent en général de Paris où elles ont fini par aboutir pour diverses raisons et elles déclarent à ce moment-là venir de Paris. Ce qui n’est pas le cas de Françoise

        4) Les Filles du Roi se mariaient peu de temps après leur arrivée en Nouvelle-France. À ce sujet, Marie de l’Incarnation écrit : «…Les vaisseaux ne sont pas plutôt arrivés que les jeunes hommes y vont chercher des femmes et, dans le grand nombre des uns et des autres on les marie par trentaine…» p.179 (6). Effectivement les filles du Roi étaient en très grande demande, car il y avait au pays beaucoup de célibataires mâles et très peu de jeunes filles libres. Quant à Françoise, on sait qu’elle se marie en mars 1671. Nous savons également qu’à cause de l’hiver les premiers bateaux qui arrivaient au pays ne pouvaient le faire avant le mois de mai. Françoise n’est donc pas arrivée en 1671 comme certains le prétendent, mais elle serait plutôt arrivée en 1670, soit au printemps, à l’été ou à l’automne précédant son mariage. Si elle avait été fille du Roi elle se serait probablement mariée en cette année 1670.

        Pour toutes ces raisons mises ensemble, il semble impossible que Françoise Durand fût une Fille du Roi. Nous savons donc ce que Françoise n’était pas, mais ceci ne nous dit pas qui elle était. Soyez patient et vous saurez tout sur la future. Nous savons qu’avant l’arrivée de Françoise en ce pays, deux de ses oncles maternels y habitaient déjà. Il s’agit de David et Jacques Asselin (orthographié Acelin).Ces derniers furent parmi les témoins à signer au contrat de mariage de Jacques et Françoise le 24 mars 1671. En regardant de plus près le cheminement de David Asselin nous avons émis une hypothèse qui a semblé fort plausible aux experts auquel nous l’avons soumise.

        David Asselin

        David Asselin est né vers 1625 puisque le registre de sa sépulture déclare qu’il avait à son décès, survenu le 5 décembre 1687, 62 ans. Il est originaire, tout comme Françoise, de Bracquemeont en Normandie. David était le frère de la mère de Françoise; Noëlle Asselin. Il se marie une première fois en 1655 avec Catherine Baudort qui lui donne un fils prénommé Pierre, né vers 1659. Ce n’est que quelques années plus tard qu’il part pour la Nouvelle-France, laissant derrière lui femme et enfant en pensant probablement comme la coutume de l’époque, faire en sorte que ces derniers le rejoignent une fois bien établi.

        En 1666 il est propriétaire d’une terre située dans la paroisse de Sainte – Famille à l’île d’Orléans. Au recensement de 1667, il vit seul sur sa propriété. En 1669 il est veuf car on le retrouve à Dieppe en France, où il épouse en secondes noces le 20 avril 1670, une certaine Marie Houdan. Noël Durand, frère de Françoise Durand, est présent au mariage. Probablement que Françoise y était également.

        À cette époque Françoise est orpheline. Nous croyons donc que son oncle David a alors proposé à Françoise de venir avec lui en Nouvelle-France. C’est en 1670 que David fait ce voyage de retour et nous croyons que c’est également à cette date que Françoise est arrivée. Orpheline, elle a probablement décidé de vivre auprès de sa famille en Nouvelle-France. Surtout qu’elle savait qu’elle pourrait trouver ici un bon parti bien établi. Tout ce beau monde, Marie, David, son fils Pierre (11 ans) et sa nièce Françoise, ont probablement fait la traversée soit à l’été ou plus probablement à l’automne 1670. À son arrivée, Françoise serait demeurée chez son oncle David jusqu’à son mariage avec Jacques (1). D’ailleurs c’est dans la maison de David Asselin que sera signé le contrat de mariage de notre petit couple. Françoise devait également se sentir proche de son autre oncle, Jacques Asselin car celui-ci signe également comme témoin le même contrat de mariage. »

        Quand pensez-vous?

        Réal Beaudoin

      • Bonjour M. Beaudoin,

        J’aime bien votre hypothèse.

        N’étant pas un spécialiste des « Filles du Roy », il ne faut pas généraliser leur statut :
        – La dot du Roi de 50 livres a été versée dans de rares cas;
        – Leur prise en charge par une marraine (s’il y a lieu) et la présence de cette marraine à la signature du contrat de mariage a eu lieu dans de rares cas;
        – les Filles du Roy ne venaient pas seulement de Paris;
        – etc.

        Comme il n’y a pas de liste officielle des Filles du Roy, les spécialistes ont tendance à inclure toute femme dont c’est la première mention au pays, lors de son mariage (ex. 1671), serait arrivée l’été ou l’automne précédant la date de ce mariage (1670).

        Il faudrait faire l’historique de la venue de chacune des femmes que l’on prétend être des Filles du Roy, comme vous l’avez fait avec Françoise Durand, épouse de Jacques Beaudoin.

        Je vous suggère de soumettre votre hypothèse à Mme Mona Andrée Rainville, une spécialiste des Filles du Roy, pour connaître son avis.

        P.S. J’ai retiré la mention de Françoise Durand dans le paragraphe sur les Filles du Roy.

      • Bonsoir,

        Merci pour votre réponse.

        Comme de raison je n’ai pas de preuve formelle de ce que j’avance. Ce n’est qu’une hypothèse avec preuves indirectes.

        Le but de mon intervention n’était pas de vous faire retirer la mention Fille du Roy. Chacun a le droit à son opinion.

        Comment puis-je contacter Mme Rainville?

        Merci aussi pour les nombreux renseignements contenus dans votre bloque. J’ai apprécié les informations concernant les protestants en France et entre autres, sur le Temple de la Villeneuve de La Rochelle là où a été baptisé Jacques Baudouin en 1645.

        Et aussi pour l’histoire des Perron qui recoupe celle d’une amie; Lucille Perron.

        Réal Beaudoin

      • Wow! Merci beaucoup pour ce dessin, je vois mieux de quoi il s’agit!
        Par ailleurs, vous dites « Selon l’Album dit de Colbert » ; ce dessin viendrait de lui? Où, dans quel musée, est conservé cet album de Colbert? Peut-on le voir en ligne? Merci infiniment !!

      • Bonjour, je vous suggère le volume « Bateaux des côtes de France. De Nantes jusqu’à Bayonne 1679« . Service Historique de la Marine. Éditions du Gerfaut. 2002. 95 p.
        En naviguant sur le web, vous constaterez que plusieurs sites offrent ce volume en vente. Attention ! Le prix est fort différent d’un site à l’autre !

  2. Le Noir de Hollande est en effet une flûte de type Hollandaise de 180/200Tx
    Merci pour tous les renseignements complémentaires donnés à ce sujet.
    Concernant Le St Jean Baptiste de 1664, vous mettez comme armateur la compagnie des Indes.
    Cette dernière n’a été créée que le 27/08/1664 et ratifié en parlement le 1er septembre 1664.
    Merci pour la sujétion du volume sur les types de navires de 1679.
    J’ ai commencé un travail sur les types de navires sous Louis XIV, visible sur notre site, ce livre devrai peut être m’ aider à le compléter.
    Je possède par contre des extraits des Albums de Colbert et Jouve

  3. Bonjour
    Concernant les Filles à Marier et les Filles du Roi, ce sont deux périodes différentes de 1634 à 1662 pour les premières et de 1663 à 1673 pour les secondes.
    Les premières étaient parrainées par des personnalités telle que Marguerite Bourgeois, Jeanne Mance et d’autres. Elles étaient soutenues par un groupement de Femme de la noblesse aisée qui recrutaient et fournissaient l’ argent nécessaires au voyage et début d’ installation.

    Pour les secondes, le Roi payait le voyage et offrait une dot de 50 livres tournois lors de leur mariage.
    Sur plus de 700 filles envoyées, il y en avait de la petite noblesse qui possédaient déjà des dotes personnelles. Ce n’ était pas toutes des orphelines loin de là. Et s’il y a eu de très rare filles de joie, elles étaient très vite remis dans le droit chemin, par les pères jésuites.

    Durant la période de Jean Talon Intendant de la nouvelle-France, c’est ce dernier qui remettait ou faisait remettre la dot de 50 livres tournois lors du mariage.

    Pour de plus amples détails, je vous suggère, la page suivante: http://www.migrations.fr/700fillesroy.htm

    • Bonjour,

      Merci pour ces informations et surtout pour cette référence ou on mentionne que Françoise Durand qui a épousé Jacques Baudouin, est arrivé sur le Navire nommé La Nouvelle France et ce le 31 juillet 1670 a titre de fille du Roi. Malgré mes nombreuse recherches (dans les année 90) je n’avais pas trouvé pareil document.
      Merci
      Réal Beaudoin

  4. Bonjour,

    Je suis impressionné de la qualité de votre documentation concernant le Noir de Hollande. Particulièrement vos recherches sur le propriétaire véritable du navire et son tonnage.

    En lisant le texte je m’interroge sur le sens du mot « maître ». Que signifie ce mot dans ce contexte ?
    Capitaine du navire?

    Pierre Frigon

    • Bonjour,
      En théorie, le nom de capitaine s’applique à l’officier commandant un navire du roi et celui de maître au commandant d’un navire marchand. Dans la pratique, on appelle capitaine tout commandant d’un navire marchand pour un voyage au long cours; la qualité de maître est réservée à celui qui fait le cabotage sur les côtes d’Atlantique.

      Dans les documents d’époque, l’un et l’autre terme semble être synonyme.

      • Bonjour,
        Merci infiniment pour cette référence que je vais me procurer a l’instant.
        Cet ouvrage me semble très intéressant et complémentaire aux livres que j’ai écrits sur une centaine de descendants de ce même Jacques Baudouin, surtout à travers les écrits officiels concernant ces Baudouin/Beaudoin.
        « Des Baudoüin, je me souviens », tome 1, 2010.
        « Des Baudoüin, je me souviens », tome 2, 2010.

        Et si cela pouvait intéresser vos lecteurs; j’ai également fait un travail semblable et j’ai publié, quelques années plus tard,  » L’histoire des Dansereau », 2010. concernant plusieurs Dansereau descendant de Pierre Dansereau. De plus j’ai accumulé une banque de descendants, de ce même Pierre Dansereau, contenant des milliers d’individus.

        Finalement j’ai terminé, depuis quelque temps, un ouvrage sur les descendants de Guillaume Renaud intitulé Les Renaud, 2016.

        Présentement je travaille sur des descendants du pionnier André Bergeron.

        Merci encore pour ce blogue des plus intéressants.

        Réal Beaudoin

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