Le blogue de Guy Perron

La vie de nos ancêtres à travers les documents d'archives… entre La Rochelle et les colonies…

5 – Marie Fraigneau et le Grand Siège de La Rochelle

Extrait. Plan du "Siège et Blocus" de La Rochelle en 1627-1627. (Source : Masse, Claude. Recueil des plans de La Rochelle, La Rochelle, Éditions Ruypella, 1979, feuille 10)

Extrait. Plan du « Siège et Blocus » de La Rochelle en 1627-1628.
(Source : Masse, Claude. Recueil des plans de La Rochelle, La Rochelle, Éditions Rupella, 1979, feuille 10)

C’est en septembre 1627 que débute le terrible siège de La Rochelle : le Grand Siège comme on l’appelle, qui va durer 14 mois ! Un autre blocus, le troisième en quelques décennies (1573, 1622 et 1627-1628), pour briser définitivement la puissance des huguenots.

Vue de La Rochelle vers 1627 (Source : www.france-pittoresque.com)

Vue de La Rochelle vers 1627
(Source : http://www.france-pittoresque.com)

Cette fois-ci, c’est le cardinal Richelieu qui en est le chef d’orchestre. Son obsession : voir La Rochelle protestante à ses pieds ! Son plan : enfoncer solidement une armature de pieux dans les vaisseaux coulés, puis de construire sur cette armature une forte digue de pierres sèches pour empêcher l’accès au port.

Vue de la digue vers 1627 (Source : www.france-pittoresque.com)

Vue de la digue vers 1627
(Source : http://www.france-pittoresque.com)

Ne pouvant plus être ravitaillée, par terre comme par mer, La Rochelle crie famine ! Chaque jour, des dizaines de personnes meurent de faim et de maladie, due à la consommation de nourritures infectes causant des intoxications graves[1]. Il n’y a plus de pain à manger, même celui que l’on fait avec de la paille de froment. Pour se nourrir, on tue les ânes, les mulets, les chiens. On est même réduit à manger des chats et des rats ! Les rues, où résonnaient peu de temps auparavant les bruits d’une ville heureuse et indépendante, sont maintenant encombrées de femmes et d’enfants pauvres qui se traînent ici et là, agonisant.

Parmi ces femmes, il y a Marie Fraigneau, nièce de Marie Pineau (veuve de Jehan Peron)[2]. Le 10 août 1628, elle fait son testament devant le notaire Pierre Conay à La Rochelle, dans lequel elle lègue tous ses biens à sa cousine remuée de germain du côté paternel Madeleine Quillé, épouse de Jacques Menandeau, farinier, pour la récompenser de l’assistance qu’elle et son mari lui ont fait de quelques commodités ! En ce temps de siège, toute « commodité » est appréciée ! Malgré tout, Marie Fraigneau décède quelques jours plus tard. Elle fait partie des 15 000 rochelais décédés sur les 25 000 que comptait la ville avant ce génocide religieux.

À ce moment-là, Marie Fraigneau vivait l’histoire.

À l’Hôtel de ville de La Rochelle, le bureau du maire Jean Guiton existe toujours, et l’on peut encore y voir la trace d’un couteau qu’il aurait planté par colère.

Le dimanche de la Quasimodo à La Rochelle (1628).

Le dimanche de la Quasimodo à La Rochelle (1628).

Le dimanche de la Quasimodo 1628 à La Rochelle. Au moment de son installation dans la mairie, Jean Guiton prononça ces paroles mémorables : « Vous m’élevez à la première magistrature, j’accepte cet honneur mais à condition que de la pointe de ce glaive je perce le cœur de quiconque osera faire entendre des paroles de paix ou parler de soumission. »


[1] Crété, Liliane. La vie quotidienne à La Rochelle au temps du Grand Siège 1627-1628, Paris, Éditions Hachette, 1987, p. 250.

[2] Fille de Guillaume Fraigneau, charpentier de navires, et de Jeanne Richard.

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Catégories :Famille Peron - Perron, France, La Rochelle

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